Votre patrimoine est-il supérieur ou inférieur à la moyenne ? L’Insee livre ses révélations surprenantes

Image d'illustration. Répartition de la richesse par démographieADN
Une récente analyse de l’Insee dresse un état des lieux du patrimoine des ménages français, révélant d’importants écarts entre les foyers. L’étude permet à chacun de situer sa propre situation financière par rapport à la moyenne nationale.
Tl;dr
- Inégalités patrimoniales françaises très marquées, selon l’Insee.
- Les plus riches détiennent l’essentiel du patrimoine national.
- L’écart ne cesse de croître entre générations et catégories sociales.
Des écarts patrimoniaux qui s’accentuent
À mesure que le débat sur la taxation du patrimoine s’intensifie en France, une étude de l’Insee publiée ce mardi 9 décembre 2025 remet en lumière l’ampleur des disparités.
Selon les chiffres dévoilés, la répartition du patrimoine reste d’une inégalité frappante : début 2024, seuls 5 % des 31,1 millions de ménages français détenaient un patrimoine brut supérieur à 1,27 million d’euros. À l’autre bout du spectre, près d’un tiers des ménages possédaient moins de 40 000 euros. La fracture est donc béante.
L’accumulation du patrimoine : un mécanisme générationnel
L’étude met aussi en évidence le poids des générations dans cette dynamique. Les personnes âgées disposent mécaniquement d’un capital bien plus élevé que les jeunes actifs, qui n’ont souvent ni le temps ni les moyens de bâtir leur épargne ou de bénéficier d’héritages. « Le patrimoine est très inégalement réparti dans la population », résume l’Institut national de la statistique et des études économiques, rappelant que le patrimoine s’accumule avec le temps et repose autant sur les flux financiers réguliers que sur des transmissions familiales.
Dans le détail, on observe une forte progression du patrimoine immobilier entre 30 et 45 ans – période où nombre de ménages accèdent à la propriété – avant une croissance plus modérée jusqu’à la retraite, puis une stabilisation voire un recul au-delà de 75 ans. Le volet financier poursuit quant à lui sa hausse jusqu’au troisième âge avant d’atteindre un plateau.
L’écart entre richesse et revenus ne cesse de grandir
L’écart patrimonial se creuse bien davantage que celui des revenus : alors que les foyers les plus aisés disposent de revenus seulement 3,5 fois supérieurs à ceux des plus modestes, ils cumulent un patrimoine brut… 138 fois plus important ! Un constat qui s’aggrave depuis une décennie. Les mécanismes sont multiples : accumulations générationnelles, héritages, donations.
Pour mieux comprendre cette réalité, il faut savoir qu’en France :
- La moitié des ménages détient moins de 148 100 euros en patrimoine net.
- Les ménages les moins dotés (30 %) n’ont bien souvent qu’un compte courant ou un livret A, avec parfois moins de 2 500 euros dessus.
- C’est surtout autour du quatrième décile (environ 112 100 euros) que l’immobilier commence à peser dans leur capital.
L’enrichissement mondial se concentre aussi au sommet
Ce phénomène dépasse les frontières françaises : selon le rapport publié par le World Inequality Lab, quelque 56 000 personnes dans le monde — soit seulement 0,001 % de la population adulte — possèdent individuellement plus de 254 millions d’euros chacun.
Ensemble, ils détiennent aujourd’hui trois fois plus que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Le débat sur la fiscalité du patrimoine trouve donc un écho global alors même que la concentration des richesses atteint un niveau historique.