En bref
- Dix projets pour les futurs billets en euros
- Le public peut voter jusqu’au 21 septembre 2026
- Le Studio Idaë représente seul la France
Une équipe française peut encore signer les futurs billets en euros. Parmi les 10 projets dévoilés le 23 juillet par la Banque centrale européenne, le Studio Idaë est le seul candidat tricolore arrivé en finale.
Le public est invité à voter en ligne jusqu’au 21 septembre 2026. L’objectif, selon la BCE, est de mieux cerner ce qui incarne le mieux l’Europe. Mais la décision finale ne dépendra pas du vote seul, puisque le dernier mot reviendra à l’institution monétaire.
Un face-à-face entre mémoire et paysage
Deux pistes ont été retenues pour cette nouvelle série de billets. La première, La culture européenne, met en avant de grandes figures historiques comme Marie Curie. La seconde, Fleuves et oiseaux, s’appuie sur les paysages et la biodiversité du continent.
C’est sur ce second terrain que s’est positionné Studio Idaë. Sa fondatrice, Isabelle Daëron, explique que ce thème correspond au travail mené par l’agence depuis des années autour de l’eau dans l’espace public, des zones humides et du réemploi d’eaux non potables.
Elle défend aussi une lecture très politique du sujet, sans lourdeur. Pour elle, fleuves et oiseaux traversent les frontières et relient les territoires, une manière de faire exister la devise européenne. « Autant les fleuves que les oiseaux, ce sont deux entités qui dépassent les frontières de chacun des pays », résume-t-elle.
Un concours long, très cadré, loin du simple dessin
Le processus n’avait rien d’un appel à idées improvisé. Le studio a d’abord déposé un dossier de référence fondé sur ses réalisations, ses expositions, ses publications et ses distinctions. En novembre, l’équipe a appris qu’elle faisait partie d’une trentaine de candidats retenus en Europe, avant de travailler pendant six mois et de remettre son projet en avril.
Puis il y a les contraintes, nombreuses. Chaque billet devait intégrer des éléments précis au recto et au verso, mais aussi tout le volet sécurité, avec filigranes et effets optiques variables. Pour Isabelle Daëron, ce cadre ne bloque pas la création. Il impose surtout une forme de sobriété, presque de calme, pour inspirer la confiance qu’une monnaie doit donner.
Sur les couleurs, les teintes exactes n’étaient pas imposées. Le studio a donc choisi des tons légèrement désaturés.
Une finale rare, puis un autre métier
Être la seule équipe française encore en lice, pour Isabelle Daëron, relève d’une grande fierté. Elle parle d’une opportunité qui n’arrive peut-être qu’une fois dans une vie professionnelle, avec, à la clé, la possibilité de voir cette création circuler partout en Europe.
Si le projet l’emporte, le travail ne s’arrêtera pas là. La BCE pilotera alors une phase de développements techniques et de postproduction liée notamment à la gravure. Les designers devraient être consultés, mais on change clairement d’échelle. Et c’est bien là que ce concours dépasse le simple graphisme, il touche à l’objet le plus quotidien qui soit, la monnaie.