En bref
- Grève prolongée jusqu’au 6 septembre inclus
- Les syndicats dénoncent salaires et plannings
- French Bee avait déjà affrété des avions
Le conflit se durcit chez French Bee. Faute de négociation depuis le début du mouvement, les syndicats SNPNC-FO et CGT ont prolongé leur appel à la grève du personnel navigant jusqu’au 6 septembre.
L’arrêt de travail avait commencé pour cinq jours, du 27 au 31 août. Il est désormais reconduit du 1er septembre à 00h01 au 6 septembre 2026 à 23h59, selon les deux organisations syndicales. Pour les passagers, cela prolonge une période d’incertitude. Pour la compagnie, cela confirme qu’on n’est plus dans un simple épisode de tension sociale.
Un mouvement qui entre dans une nouvelle phase
Les syndicats assurent que la mobilisation progresse, mais ils disent n’avoir obtenu aucune ouverture de la direction depuis le lancement du mouvement. C’est ce point qui change la lecture du dossier. Une grève courte peut parfois servir de signal. Ici, elle s’installe.
Lors de la première séquence du conflit, French Bee avait déjà dû recourir à des affrètements d’avions pour maintenir son programme de vols. Ce choix permet de limiter les perturbations visibles, mais il ne règle rien sur le fond.
Salaires, repos, plannings, le cœur du conflit
Sur le fond, les syndicats dénoncent une dégradation des conditions de travail et des salaires jugés trop faibles pour les hôtesses de l’air et les stewards. Ils mettent aussi en cause des plannings considérés comme trop instables, avec des changements trop fréquents juste avant les vols.
Autre sujet sensible, les temps de repos. Les représentants du personnel les jugent insuffisants sur l’année, entre deux rotations, mais aussi pendant les escales.
SNPNC-FO critique également des prises de parole de la direction jugées alarmantes, car elles feraient peser sur les salariés la responsabilité des conséquences économiques du mouvement, jusqu’à évoquer l’avenir même de la compagnie. Les syndicats refusent aussi que les difficultés d’exploitation soient attribuées aux arrêts maladie de dernière minute sans remise en cause de l’organisation du travail. Et ils regrettent que des moyens soient mobilisés pour amortir les effets de la grève plutôt que pour chercher une sortie de crise avec les représentants des salariés.
Une compagnie au modèle particulier, déjà sous pression
Le dossier compte aussi parce que French Bee occupe une place un peu à part dans l’aérien français. Filiale de Groupe Dubreuil, qui détient aussi Air Caraïbes, la compagnie exploite une flotte de six Airbus A350 et mise sur le long-courrier à bas coût depuis Paris-Orly, vers l’Amérique du Nord, l’océan Indien et Tahiti.
En 2025, French Bee a transporté 1,2 million de passagers. Son chiffre d’affaires a progressé de près de 4 %, à 494 millions d’euros, mais l’entreprise est restée légèrement déficitaire, avec une perte nette de 7 millions d’euros. Ce n’est pas un détail. Dans ce type de modèle, le moindre conflit durable finit vite par peser au-delà du calendrier des vols.