En bref
- Une route privée pourrait traverser une partie de Yosemite
- Washington dit qu’aucune décision finale n’est prise
- Associations et élus dénoncent un cadeau à un promoteur
Le sujet dépasse de loin une simple route. Autour de Yosemite, l’administration de Donald Trump envisage un échange de terrains qui donnerait à un promoteur un accès plus direct à une propriété privée située en bordure du parc national, en Californie.
Une bande de terre au cœur du projet
Il est question d’une bande d’environ 400 mètres à l’intérieur du parc. Cette portion servirait de route d’accès vers une parcelle privée d’environ 34 hectares, installée en lisière de Yosemite et aujourd’hui non aménagée.
L’entreprise concernée appartient au promoteur Kingsbarn Realty Capital, basé dans le Nevada. En échange, un autre terrain serait cédé au parc, selon Lanny Davis, avocat de la société.
L’argument écologique et la position du gouvernement
Pour défendre le projet, Lanny Davis le présente comme une initiative écologique. L’idée, selon lui, serait de raccourcir les trajets vers le terrain privé et donc de réduire les émissions polluantes.
Il affirme aussi que cet échange de terrains est prévu par la loi fédérale et qu’il ne réduirait pas la superficie du parc. Du côté du ministère de l’Intérieur, des négociations sont reconnues, mais l’administration précise qu’aucune décision finale n’a été prise.
Des liens politiques qui alimentent les soupçons
Ce dossier prend une autre dimension avec le profil de son bénéficiaire potentiel. D’après NOTUS, le directeur général de Kingsbarn, Jeff Pori, entretient des relations d’affaires avec des proches du président.
Le même dirigeant a aussi versé des dons au Comité national républicain ainsi qu’à des structures de collecte de fonds proches de Donald Trump. Il avait racheté cette parcelle privée en 2024 et cherche désormais un accès privilégié.
Un vieux dossier qui ressurgit
Ce qui frappe, c’est que l’idée n’est pas neuve. Un précédent projet de route d’accès avait déjà été rejeté aussi bien sous l’administration républicaine de George W. Bush que sous celle du démocrate Barack Obama.
L’ancien propriétaire du terrain, Lewis Geyser, avait en plus perdu ses recours en première instance en 2007, puis en appel en 2012. Bon, le contexte politique change, mais le fond du dossier, lui, reste le même.
La riposte des défenseurs du parc
La réaction a été immédiate. Les défenseurs de l’environnement y voient une nouvelle étape dans la réduction de la protection des terres publiques, notamment des forêts nationales.
Mark Rose, responsable du programme Sierra Nevada, a dénoncé « une attaque contre le peuple américain à qui appartient ce parc national ». Le syndicat des employés du parc national s’est dit « consterné » par une cession de terres publiques au profit d’intérêts privés, et juge l’échange proposé « contraire à notre éthique ».
Le sénateur démocrate de Californie Adam Schiff a aussi averti que Yosemite, protégé depuis 1864, devait rester à l’abri de tout nouveau projet immobilier. Ce parc, connu pour ses glaciers, ses lacs, ses falaises de granit, ses séquoias et sa faune, redevient ainsi un test très concret de la place laissée aux intérêts privés sur les terres publiques.