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Ces chutes en vélo partagé inquiètent les chirurgiens de plus en plus

Santé > Chirurgie > Accident > Velo électrique
Par Morgan Fromentin,  publié le 14 juin 2026 à 11h00, modifié le 14 juin 2026 à 12h20.
Santé
Prise en main guidon vélo électrique

Image d'illustration. Prise en main guidon vélo électriqueADN

Les vélos électriques en libre-service sont très utilisés en ville. Mais les centres de traumatologie voient apparaître des blessures à la jambe bien plus lourdes que prévu.

En bref

  • Des chirurgiens signalent des blessures graves aux jambes
  • Le poids des e-bikes aggrave certaines chutes
  • La plupart des trajets restent sans incident

On imagine souvent une chute à vélo comme un gros bleu, une entorse, parfois un poignet cassé. Dans plusieurs centres de traumatologie, ce n’est plus toujours ce scénario-là avec les vélos électriques partagés. Des chirurgiens disent voir revenir des lésions lourdes à la jambe, à la cheville ou au genou.

Une blessure urbaine qui n’a plus rien d’anecdotique

Chez certains praticiens, un surnom circule de façon informelle, « Lime bike leg ». Ce n’est pas un diagnostic médical, et cela ne vise pas une entreprise en particulier, même si le nom vient de Lime, l’un des plus gros opérateurs du secteur.

Ce terme sert surtout à décrire un même type de blessures graves après un accident en vélo électrique partagé. Les exemples cités sont parlants, fractures du tibia, luxations du genou ou de la cheville, et parfois pertes importantes de peau et de muscle.

Pourquoi ces chutes font plus de dégâts

Le point clé, c’est la machine. Un e-bike pèse souvent autour de 30 kg, bien davantage qu’un vélo classique, et il accélère plus vite. Quand le conducteur perd le contrôle, le vélo peut tomber sur la jambe ou la coincer contre le sol.

Résultat, des forces de torsion et d’écrasement plus rares avec un vélo léger. D’après la source, certaines lésions rappellent même des traumatismes observés dans des accidents de moto. Ce n’est pas un détail technique, ça change la nature du choc.

Les chiffres montrent une hausse, pas une panique générale

L’autre explication est simple, il y a beaucoup plus d’usagers. Les systèmes de vélos électriques partagés se sont développés rapidement dans des villes d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Australie.

À Londres, les utilisateurs de vélos partagés représentent désormais environ 20% des blessés graves à vélo, contre près de 1% il y a moins de dix ans. Une étude américaine portant sur près de 14 000 blessures liées aux vélos, e-bikes et trottinettes électriques montre aussi que les blessures en e-bike ont doublé entre 2021 et 2022. Environ 15% des conducteurs blessés ont été hospitalisés, et un tiers des accidents impliquait un véhicule motorisé.

Mais il faut garder le contexte. Lime affirme que plus de 99,99% des trajets se terminent sans incident. Sauf que, avec des millions de trajets chaque année, un risque minime par course peut quand même produire un nombre important de cas graves.

Le profil des accidents oriente la prévention

Les travaux cités suggèrent que les blessures sévères sont davantage liées à l’âge, à l’alcool ou aux collisions avec des véhicules qu’au type de vélo lui-même. Une fois ces facteurs pris en compte, les conducteurs blessés en e-bike ne sont pas plus souvent hospitalisés que les cyclistes classiques.

Bon, l’attention se déplace alors vers les circonstances. Beaucoup de chutes graves surviennent chez des personnes peu habituées au comportement d’un e-bike, ou quand la vitesse est trop élevée pour une route mouillée, une chaussée irrégulière ou une rue encombrée. L’usage du téléphone pendant le trajet est aussi cité, tout comme l’alcool. Et même si le casque n’empêche pas une jambe cassée, il peut réduire le risque de traumatisme crânien.

Des soins lourds et une récupération longue

Le cas rapporté au Royal London Major Trauma Centre donne la mesure du problème. Un homme d’une trentaine d’années, tombé d’un vélo partagé après avoir perdu le contrôle, présentait une fracture complexe de la cheville avec un tibia ayant percé la peau.

Selon la source signée par Jerry Tsang, de Queen Mary University of London, il a dû subir plusieurs opérations, avec réparation osseuse et greffes de peau et de muscle, avant de longues semaines de béquilles puis des mois, parfois des années, de rééducation. Et c’est là que le sujet devient important, à mesure que ces vélos s’installent dans la vie urbaine, les hôpitaux voient apparaître un nouveau type de blessure avec eux.

Le Récap
  • En bref
  • Une blessure urbaine qui n’a plus rien d’anecdotique
  • Pourquoi ces chutes font plus de dégâts
  • Les chiffres montrent une hausse, pas une panique générale
  • Le profil des accidents oriente la prévention
  • Des soins lourds et une récupération longue
En savoir plus
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