En bref
- Sarah Wynn-Williams poursuit Meta en Californie.
- Elle dénonce représailles, surveillance et clause de silence.
- Son livre est devenu un best-seller malgré l’opposition.
Le plus frappant, ici, c’est peut-être le raté. Meta a tenté de freiner la sortie de Careless People, le livre de son ex-cadre Sarah Wynn-Williams. Ce dernier a quand même été publié en mars 2025, puis il a grimpé jusqu’en tête de la liste des meilleures ventes du New York Times. Pas vraiment le scénario rêvé pour un groupe qui voulait étouffer l’affaire.
Un livre que Meta n’a pas réussi à faire disparaître
Ancienne directrice de la politique publique chez Facebook, Sarah Wynn-Williams raconte dans Careless People son passage au sein de l’entreprise. Avant la publication, Meta avait saisi en urgence un arbitre pour tenter de bloquer le livre, en affirmant qu’elle avait enfreint la clause de non-dénigrement signée lors de son accord de départ.
À l’époque, le porte-parole Andy Stone avait défendu la position du groupe en expliquant que l’ouvrage était faux et diffamatoire, et qu’il n’aurait jamais dû être publié. Mais il est bien sorti. Et il a circulé largement.
La plainte vise une stratégie de représailles
Cette fois, Sarah Wynn-Williams passe à l’offensive devant la justice. Sa plainte, déposée en Californie, accuse Meta de la punir pour avoir révélé à des régulateurs fédéraux ce qu’elle décrit comme des conditions de travail illégales et indéfendables, ainsi que des fautes de l’entreprise.
Elle reproche aussi au groupe d’utiliser une clause de non-dénigrement très large pour la faire taire. Sa plainte évoque encore une campagne de surveillance destinée à suivre ses prises de parole et ses relations. L’objectif, selon elle, serait aussi d’envoyer un message aux autres, en dissuadant toute personne tentée de parler publiquement des pratiques de Meta. Clairement, l’enjeu dépasse son seul cas.
Des accusations lourdes contre la direction
Le livre contient plusieurs allégations visant les dirigeants. Sarah Wynn-Williams y met notamment en cause Joel Kaplan, présenté comme un acteur clé du virage plus à droite de la plateforme. Elle affirme qu’il ne savait pas que Taiwan est une île, qu’il l’a harcelée, et qu’il a fermé les yeux sur des événements survenus en Myanmar.
Ce sont des accusations lourdes. Et ce sont elles, en grande partie, qui ont relancé la pression autour du groupe.
Une tempête médiatique sans effet visible en Bourse
Mais le contraste est assez brutal. Malgré le bruit provoqué par Careless People, Meta n’a pas vacillé publiquement sur le plan financier. Quelques mois après la sortie du livre, l’action du groupe a atteint environ 785 dolars.
Et à la fin de 2025, les chiffres d’utilisateurs étaient même en hausse. Bref, le scandale a bien existé. Sauf que, pour l’instant, il n’a pas coûté cher à Meta.