En bref
- La canicule favorise les fata morgana en mer
- Le phénomène déforme objets, bateaux et falaises
- La cause vient des couches d’air
La canicule de l’été 2026 ne provoque pas seulement des records de chaleur. Elle multiplie aussi, au large des côtes françaises, des illusions d’optique appelées fata morgana, assez nettes pour être filmées et photographiées.
Sur les réseaux sociaux, les images s’accumulent. On y voit des bateaux qui paraissent voler, des falaises posées au milieu de la Manche, parfois même des silhouettes évoquant des villes suspendues, de grands ponts ou une armada de vieux gréements. Le phénomène surprend les touristes, mais aussi des habitants du littoral.
La canicule crée le décor
Ce type de mirage apparaît quand l’air se réchauffe très vite au-dessus d’une couche plus tempérée par la fraîcheur relative de la mer ou de l’océan. Le point clé, c’est un écart de température entre plusieurs couches d’air situées entre l’observateur et l’objet regardé.
Dans ce cas précis, il est question d’un fort gradient thermique positif au-dessus d’une épaisseur de quelques dizaines de mètres. Dit autrement, l’air proche de la surface reste plus frais, tandis qu’une couche plus chaude s’installe au-dessus. Résultat, les conditions deviennent favorables à ces visions déformées à l’horizon.
Un air froid en bas, un air plus chaud au-dessus
La spécialiste de l’atmosphère Jill Coleman, de l’université américaine Ball à Muncie, dans l’Indiana, résume le mécanisme ainsi : « vous avez besoin d’un air froid et dense près du sol et d’une couche d’air plus chaud au-dessus ».
Ces fata morgana se forment le plus souvent au-dessus de grandes étendues d’eau, mer ou lac, parce que l’air y reste plus froid en surface. Mais le phénomène peut aussi se produire sur terre. Pas mal de gens y voient quelque chose de surnaturel. En réalité, l’explication est bien connue.
Des rayons lumineux trompent l’œil
Quand la lumière passe d’une masse d’air à une autre, ses rayons se courbent. C’est cette déviation qui brouille notre perception.
Jill Coleman explique que ces couches d’air courbent les rayons lumineux lors de leur passage de l’une à l’autre. Le cerveau, lui, interprète mal l’image reçue et place l’objet plus haut qu’il ne l’est vraiment. D’où ces bateaux qui semblent flotter au-dessus de l’eau, ou ces reliefs qui paraissent surgir dans le ciel.
Pourquoi on parle de « fata morgana »
Le terme vient de l’italien et renvoie à la fée Morgane. Dans les légendes arthuriennes, on lui attribuait le pouvoir d’agir sur les vents et les flots, jusqu’à faire apparaître des palais dans le ciel.
Au Moyen Âge, ce récit offrait une explication à un phénomène que l’on observe encore aujourd’hui sur les mers ensoleillées. Le décor change peu, en somme, même si les images finissent désormais sur les téléphones avant d’atterrir en ligne.