En bref
- La faune souffre aussi des feux et chaleurs
- N’intervenez qu’avec l’avis d’une association
- Eau, ombre et refuges peuvent aider
En France, plus de 116 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l’année, alors que les incendies continuent en Gironde et dans le Var. Et les humains ne sont pas les seuls touchés. La faune sauvage encaisse elle aussi un choc très lourd, aggravé par la nouvelle canicule annoncée cette semaine.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a jugé les conséquences déjà catastrophiques, avec des pertes extrêmement importantes pour les animaux sauvages.
Une faune prise au piège des flammes et de la chaleur
Les vidéos d’animaux fuyant les feux ont beaucoup circulé ces derniers jours. Derrière ces images, il y a une réalité plus large. D’après la Ligue de protection des oiseaux, les animaux peuvent subir des brûlures, une intoxication par les fumées, une déshydratation sévère, un stress intense ou encore des blessures internes parfois invisibles.
Avec la chaleur, les mêmes dangers persistent, sauf l’intoxication. Les points d’eau s’assèchent, ce qui force les animaux à parcourir de longues distances, parfois jusqu’à l’épuisement. La destruction de la végétation et la raréfaction de la nourriture bouleversent aussi les écosystèmes. Même les espèces aquatiques sont touchées, la baisse de l’oxygène dans l’eau pouvant provoquer leur asphyxie.
Intervenir, oui, mais pas n’importe comment
Si vous croisez un animal sauvage en difficulté, la Ligue de protection des oiseaux recommande de ne le capturer que s’il est manifestement blessé. Le réflexe prioritaire reste de joindre une association de protection animale pour connaître la marche à suivre.
C’est elle qui pourra dire s’il faut mobiliser un centre de soins ou les pompiers. L’association insiste sur un point simple, une mauvaise manipulation peut aggraver l’état de l’animal. Et dans une zone touchée par les incendies, il ne faut jamais entrer dans un secteur en feu ou récemment brûlé.
Les gestes simples à la maison ou au jardin
On peut aussi aider sans attendre une urgence. La Ligue de protection des oiseaux conseille de laisser de l’eau fraîche dans des récipients peu profonds, avec une pierre pour éviter les noyades.
Si vous avez un grand jardin, une mare naturelle peut offrir un refuge utile. Il faut aussi sécuriser les bassins et les piscines. Autre piste, tondre moins souvent, pratiquer la tonte différenciée ou le fauchage tardif, puis conserver des zones enherbées. Des haies, des arbres d’espèces locales, du bois mort ou des tas de feuilles peuvent également servir d’abri face à la chaleur.
Si l’animal doit être mis à l’abri
Quand les conditions de sécurité sont réunies, l’animal peut être placé dans un carton fermé, percé de trous d’aération, tapissé de papier journal et adapté à sa taille. Il faut ensuite bien le refermer pour éviter qu’il ne s’échappe.
Dernier point, la Ligue de protection des oiseaux déconseille d’exhiber ou de caresser l’animal secouru. Ce stress supplémentaire peut, là aussi, aggraver son état.