Bières fortement alcoolisées : la Ligue contre le cancer déplore « un attentat contre la santé des jeunes »

Axel Kahn, son président, demande aux autorités d'agir plus fermement contre l’alcoolisme. Certaines de ces bières ont une teneur en alcool pouvant atteindre 17%.

Un jardin de bière bavarois traditionnel à Munich avec des visiteurs savourant des bretzels et des bières locales.
Image d'illustration. Jardin de bière bavarois traditionnel — ADN

Pour Axel Khan, il s’agit d’un « attentat contre la santé des jeunes ». Le président de la Ligue contre le cancer exhorte, dans un entretien accordé aujourd’hui au Parisien, les politiques à durcir la législation concernant les bières à ultra-forte teneur en alcool. Le célèbre généticien alerte : « Alors que la plupart sont à 4–5 voire 6–7% d’alcool, on voit émerger des gammes à 14 %, et même à 16 ou presque 17 % ! Elles sont vendues dans des canettes de 500 ml. Une fois ouvertes, on ne peut plus les refermer, il faut boire jusqu’à la lie. Un jeune a alors consommé l’équivalent d’une bouteille de vin . C’est inouï ».

Retrait ou interdiction de l’appellation « bière »

Des boissons d’autant plus dangereuses qu’elles sont facilement accessibles car elles « ont fleuri dans les supermarchés, dans les supérettes, à un prix modique. Ses acheteurs sont le peuple de la rue, et les jeunes ». Selon Axel Kahn, deux possibilités existent. La première consiste à « interdire », ou au moins « retirer », l’appellation « bière » aux boissons qui « n’utilisent pas les procédés traditionnels de fabrication ». En effet, « des sucres et des levures » y sont ajoutés « afin d’augmenter leurs effets ».

Augmenter la taxe de manière significative

Seconde option ? « Augmenter très fortement la taxe en fonction du grammage d’alcool : les plus fortes seraient vraiment plus chères ». Le Parisien indique que ces bière à très forte teneur en alcool ne sont pas produites en France. L’association Brasseurs de France, interrogée sur le sujet, nous informe que les bières dépassant 10% d’alcool ne représentent que 0,5% du marché total de la bière.
Quant à l’alcoolisme, il fait 41 000 victimes par an en France, « dont 15 000 par cancer », rappelle Axel Kahn.

Jérôme Nelra

Spécialiste Santé

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