En bref
- Warner Bros. Pictures risque de perdre les droits de Barbie si la suite n’entre pas rapidement en développement.
- Le succès du premier film rend la suite tentante, mais son histoire semble déjà largement bouclée.
- Mattel pourrait alors repartir de zéro avec un nouveau film Barbie.
Il reste quatre mois à Warner Bros. Pictures pour mettre Barbie 2 en développement actif. Sinon, les droits retourneront à Mattel. Et là, le dossier change complètement de visage.
Une fenêtre très courte pour relancer la machine
Selon les informations relayées par Variety, Warner Bros. Pictures a encore un délai limité pour enclencher vraiment une suite du film Barbie de Greta Gerwig, porté par Margot Robbie et Ryan Gosling. Si cette étape n’est pas franchie, Mattel récupérera la main sur la licence.
Conséquence directe, un prochain film en prises de vues réelles ne pourrait pas reprendre les éléments posés par la version de Greta Gerwig. En gros, tout ce qui est lié à ce long métrage ne pourrait plus servir de base. Le partenaire suivant de Mattel devrait donc repartir sur un reboot complet.
Un carton immense, mais pas une suite automatique
Vu le parcours du premier film, une suite paraissait presque écrite d’avance. Barbie a été le plus gros succès au box-office en 2023, avec en plus un très bon accueil critique. L’équipe créative aurait même reçu des propositions financières décrites comme colossales.
Mais un hit ne fabrique pas automatiquement une saga. Le film tenait aussi à son côté très singulier, presque impossible à reproduire une deuxième fois. Et la fin de l’histoire de la Barbie incarnée par Margot Robbie ressemble déjà à un point d’arrivée, pas à un teasing de franchise.
Le vrai casse-tête, c’est l’après du premier film
S’il fallait prolonger cette histoire, il ne suffirait pas de remettre du rose et des blagues sur Ken. Le premier film a ouvert un débat grand public sur le féminisme, notamment autour du monologue d’America Ferrera. Une suite devrait sans doute aller plus loin sur ces sujets.
C’est là que le terrain devient glissant. L’idée d’une Barbie devenue une vraie femme, confrontée cette fois au patriarcat du monde réel et pas seulement à la version caricaturale observée par Ken, pourrait être bien plus clivante pour le public. Greta Gerwig pourrait sans doute gérer ça, mais l’adhésion massive du premier film n’est pas garantie.
Un cas d’école sur les franchises à tout prix
Le paradoxe, c’est que Barbie n’a jamais manqué d’histoires. La marque compte déjà 44 films d’animation en CGI, plusieurs séries animées, des vidéoblogs et d’autres formats courts. Clairement, les fans ont déjà de quoi faire sans passer par un deuxième film live.
Le blocage actuel est publiquement lié à des désaccords financiers. Mais derrière cette explication, une autre lecture existe, celle d’une équipe créative qui ne veut peut-être pas forcer une suite juste pour rentabiliser un phénomène. Et sur un film aussi calibré pour marquer son époque, ce serait quand même le risque le plus bête.