En bref
- La majoration passe de 14 à 18 ans
- Certains foyers perdront jusqu’à 900 euros par an
- L’économie financera le congé de naissance
Pour certaines familles, la note peut grimper vite. Dès ce dimanche, la majoration des allocations familiales n’est plus versée à partir de 14 ans, mais seulement à partir de 18 ans.
Jusqu’à 900 euros en moins par enfant
Le changement a été acté par un décret publié au Journal Officiel. Concrètement, un foyer qui comptait sur cette hausse d’allocation pendant l’adolescence de son enfant perdra une partie de cette aide pendant quatre ans.
Le manque à gagner peut aller jusqu’à 900 euros par enfant et par an. Sur l’ensemble de la période, cela représente jusqu’à 3600 euros par enfant. Tout dépend de la composition du foyer et du niveau de revenus, mais l’effet sur le budget est loin d’être symbolique.
Pourquoi l’État repousse cette majoration
Le gouvernement présente cette mesure comme un arbitrage budgétaire. L’idée est simple, économiser sur cette prestation pour dégager des marges de manœuvre.
L’exécutif table sur près de 210 millions d’euros d’économies dès cette année, puis environ 1,2 milliard d’euros par an d’ici quatre ans. Cet argent doit surtout servir à financer le nouveau congé de naissance, prévu au 1er juillet prochain. Ce dispositif doit s’ajouter aux congés maternité et paternité existants, avec deux mois pour chaque parent, rémunérés à 70% du salaire net le premier mois puis à 60% le second. Son coût annuel est évalué à environ 600 millions d’euros.
Les familles touchées, et celles qui gardent l’ancien régime
Jusqu’ici, dans une famille de deux enfants, la majoration arrivait quand le plus jeune atteignait 14 ans. Pour les foyers avec trois enfants ou plus, chaque adolescent pouvait en bénéficier entre 14 et 20 ans.
Désormais, cette majoration ne sera versée qu’entre 18 et 20 ans. Une exception est prévue quand même, si l’enfant a eu 14 ans avant le 1er mars, la famille reste sous l’ancien régime.
Le montant mensuel varie de 18,88 euros à 75,53 euros selon les ressources. Et ce sont les foyers les plus modestes qui risquent d’être les plus touchés par ce report.
Une réforme dans un climat déjà tendu
Cette décision arrive alors que le pouvoir d’achat des ménages avec enfants reste sous pression. Bref, le calendrier n’a rien d’anodin.
Plusieurs associations familiales disent leur inquiétude, alors que la natalité continue de reculer en France. Le pays devrait compter seulement 644000 naissances en 2025, soit une baisse de 2,3% sur un an. Depuis 2010, le recul approche 24%. Le niveau attendu n’avait plus été observé depuis la Seconde Guerre mondiale.
Vos questions, nos réponses
Qui perdra vraiment de l’argent avec cette réforme ?
Les familles concernées sont celles qui comptaient toucher la majoration dès les 14 ans de leur enfant. Avec le décalage à 18 ans, elles ne recevront plus cette hausse pendant une partie de l’adolescence. L’impact exact dépend du nombre d’enfants et des revenus du foyer.
La majoration des allocations familiales, c’est quoi exactement ?
C’est un complément versé aux familles déjà allocataires quand un enfant atteint un certain âge. Jusqu’à présent, ce supplément commençait à 14 ans dans plusieurs situations. Désormais, il ne démarrera qu’à 18 ans, ce qui réduit la période pendant laquelle il est versé.
Pourquoi parle-t-on surtout des foyers modestes ?
Parce que le montant de la majoration varie selon les ressources. Plus l’aide est élevée, plus le report de quatre ans pèse sur le budget. Dans un contexte de dépenses familiales déjà lourdes, la perte se sent plus vite.
Le congé de naissance remplace-t-il les congés existants ?
Non. Il doit venir en complément des congés maternité et paternité actuels. Le dispositif prévu accorde deux mois à chaque parent, avec une indemnisation partielle du salaire net, ce qui explique son coût budgétaire important.