En bref
- Andy Burnham remplace Keir Starmer
- Ligne stable sur Ukraine et OTAN
- Tonalité plus ferme attendue sur Israël
Depuis ce lundi 20 juillet, Andy Burnham dirige le gouvernement britannique. Peu connu hors du Royaume-Uni, l’ex-maire de Manchester, 56 ans, arrive à Downing Street avec une ligne qui prolonge largement celle de Keir Starmer, mais pas sur tous les dossiers.
Une arrivée dans la continuité, sauf sur Gaza
Sur la plupart des grands sujets diplomatiques, Andy Burnham devrait rester dans le même cadre que son prédécesseur. Cela vaut pour les liens avec l’Union européenne, pour la guerre en Ukraine, et plus largement pour la place du Royaume-Uni dans les questions de sécurité.
Le vrai point de rupture possible concerne Israël. Andy Burnham estime que Londres doit accroître la pression sur le gouvernement israélien face à la situation à Gaza et en Cisjordanie occupée. Début juillet, dans un entretien au Guardian, il a jugé que le Labour de Keir Starmer n’avait « pas été à la hauteur » au début de la guerre, en particulier sur la question d’un cessez-le-feu. Il défend aussi l’idée de nouvelles sanctions et de mesures pour interdire le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie.
L’Union européenne reste un point sensible
Sur le Brexit, sa position est plus nuancée qu’un simple retour en arrière. Andy Burnham avait fait campagne contre la sortie de l’UE en 2016 et il a répété vouloir renforcer le rapprochement avec les Européens.
Dans une tribune publiée le 9 juillet dans le Times, il expliquait vouloir consolider les progrès déjà obtenus entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, notamment sur l’immigration irrégulière, le terrorisme et la désinformation liée à l’IA. Début juin, il disait encore espérer voir un retour du pays dans l’UE de son vivant. Mais pendant sa campagne pour devenir député, il a nettement freiné, alors que Reform UK de Nigel Farage l’accusait de vouloir remettre en cause le Brexit. Sa ligne, en gros, tient en deux idées, respecter le référendum tout en considérant que la rupture a été préjudiciable.
Avec Trump, un équilibre à trouver
Le dossier américain s’annonce plus délicat. Donald Trump a souvent attaqué le gouvernement travailliste, sur la défense, sur le soutien aux frappes américaines en Iran ou sur l’archipel des Chagos, où se trouve une base militaire partagée stratégique.
Interrogé récemment sur Andy Burnham, le président américain a dit ne pas vraiment le connaître, en rappelant surtout son passage à la mairie d’une grande ville et en le décrivant comme très libéral sur les sujets de société. Il a aussi suggéré qu’un tel profil n’ouvrirait sans doute pas la mer du Nord aux forages pétroliers. Or plusieurs médias rapportent justement que Burnham pourrait faciliter de nouveaux forages. Lui-même a décrit la situation politique américaine sous l’administration Trump comme sombre et divisée, tout en jugeant la relation avec les États-Unis essentielle pour la défense et la sécurité.
Sur l’Ukraine, cap inchangé
Là, peu de suspense. Andy Burnham promet un soutien à 100 % à Kiev, dans la continuité de la ligne britannique ouverte sous Boris Johnson en 2022.
Il a aussi assuré que l’appui du Royaume-Uni à l’Ukraine ne faiblirait pas et que l’engagement envers l’OTAN comme la dissuasion nucléaire britannique resterait absolu. Résultat, son arrivée bouscule moins la politique étrangère britannique qu’elle ne la réoriente sur un point très précis, le conflit israélo-palestinien.