Alerte attentat : l’application mobile est obsolète, selon un rapport sénatorial
L'application SAIP créée dans l'urgence après les attaques parisiennes de novembre 2015 est jugée "défaillante".
Le sénateur Jean-Pierre Vogel a remis un rapport concernant l’application mobile SAIP (pour Système d’alerte et d’information des populations), développée par le ministère de l’Intérieur à la suite des attaques de Paris en novembre 2015.
Opérationnelle depuis l’Euro de foot en juin 2016, et d’après le site du gouvernement, elle « permet d’être avisé, via une notification sur son smartphone, d’une alerte en cours suite à une suspicion d’attentat ou d’événements exceptionnels de sécurité civile (alerte nucléaire, produits dangereux, rupture d’ouvrage hydraulique) susceptibles de résulter d’un attentat ».
Un système d’alerte à revoir
Mais pour le sénateur LR de la Sarthe, « Des défaillances nuisant à la fiabilité et à l’ergonomie de l’application subsistent encore aujourd’hui ». Et du fait de sa conception « dans l’urgence », « la qualité du produit final » s’en ressent, toujours selon M. Vogel.
C’est lors de l’attentat de Nice que le système a été utilisé pour la première fois; mais avec une notification envoyée seulement 2 heures après, un retard dû à des problèmes informatiques. En septembre, nouveau message est émis en raison d’une prise d’otage aux Halles à Paris, mais il s’agissait d’une fausse alerte.
500.000 téléchargements seulement
Et ce n’est pas tout, puisque le sénateur critique aussi un manque d’universalité de l’outil. En effet, il n’est pas accessible à tous les smartphones, et les « zones blanches » que connaît encore le réseau mobile sur notre territoire ne permettent pas le contact avec certaines populations.
Que préconise alors Jean-Pierre Vogel ? Mettre en avant le Cell Broadcast, c’est-à-dire l’envoi d’un simple texto sans qu’une application doive être téléchargée au préalable. Le ministère de l’Intérieur, qui a reçu ce rapport, indique qu’il est en train d’« identifier les voies de diffusion de l’alerte et de l’information les plus efficaces » et qu’il procèdera prochainement à une « évaluation » de l’application.