En bref
- L’âge biologique peut évoluer.
- Le jeûne intermittent devance le NR.
- Les résultats restent encore préliminaires.
L’âge biologique, plus parlant que le nombre d’années
Vieillir, ce n’est pas seulement additionner les anniversaires. Pour ce chercheur spécialisé dans le vieillissement, l’indicateur clé est l’âge biologique, c’est-à-dire l’état réel de fonctionnement du corps, influencé par la génétique, l’environnement et le mode de vie.
Il explique qu’on peut l’évaluer en laboratoire, notamment via la méthylation de l’ADN, ou avec des tests plus simples à la maison, comme l’équilibre sur une jambe ou l’étendue de l’audition. Le point important, c’est qu’il peut aussi changer.
Son intérêt pour le sujet est intime. Après avoir perdu ses grands-parents, puis ses deux parents, de maladies comme Alzheimer et Parkinson, il dit chercher un moyen de rester en meilleure santé plus longtemps, pour lui comme pour sa famille.
Un laboratoire à Copenhague, et des tests sur lui-même
Dans son laboratoire de Copenhague, plusieurs interventions sont déjà testées en essais cliniques. En parallèle, il a choisi d’en intégrer certaines dans sa propre routine, estimant qu’un chercheur doit aussi assumer ses hypothèses quand elles lui paraissent solides.
Il rappelle que l’auto-expérimentation n’a rien de nouveau. Il cite le cas du chercheur australien Barry Marshall, qui avait avalé un extrait provenant d’ulcères gastriques pour démontrer l’origine bactérienne de la maladie, avant d’obtenir un prix Nobel en 2005. Lui-même ne demande à personne de l’imiter, mais juge légitime de tester sur son propre corps.
Le NR, populaire mais encore loin d’une recommandation
Parmi les pistes suivies, il prend chaque jour du nicotinamide riboside, ou NR. Ce composé proche de la vitamine B3 est censé augmenter les niveaux de NAD, une molécule utile à la réparation de l’ADN et qui diminue avec l’âge.
Le NR, comme le NMN, est vendu librement. Selon lui, ces suppléments pourraient être intéressants dans des maladies liées à l’inflammation, notamment Parkinson ou Alzheimer. Mais il insiste sur un point, comme médecin, il ne peut pas encore les recommander, faute de recul sur les effets à long terme.
Les premiers résultats ne sont pas nuls pour autant. Un essai récent mené par son équipe indique que le NR peut réduire l’inflammation chez des patients atteints de COPD, la bronchopneumopathie chronique obstructive, parfois décrite comme un « poumon de fumeur ».
Le jeûne intermittent fait mieux, mais pas pour tout le monde
La surprise vient d’ailleurs. Dans un essai de 12 semaines mené chez 80 personnes âgées de 65 ans et plus, son équipe a comparé jeûne intermittent, exercice et NR. Le protocole de jeûne suivait un rythme 16:8, avec une prise alimentaire sur huit heures, de midi à 20 heures dans son cas.
Résultat, le jeûne a donné les effets les plus marqués sur la composition corporelle. Les participants ont perdu entre 12% et 20% de leur masse grasse, un niveau qu’il compare à Ozempic. L’exercice a aussi produit des effets solides, avec une baisse moyenne de quatre ans de l’âge biologique mesuré par méthylation de l’ADN.
Chez les plus âgés du groupe jeûne, l’équipe a même observé un âge biologique inférieur de 10 à 15 ans après 12 semaines, à partir d’une analyse par intelligence artificielle de 29 marqueurs sanguins, dont l’hémoglobine et l’albumine. Mais l’étude n’est ni publiée ni relue par des pairs. Et le chercheur met en garde, ce jeûne n’est pas conseillé aux personnes âgées fragiles, ni en cas d’ostéoporose ou de sarcopénie. La suite se jouera donc sur un autre terrain, trouver comment combiner restriction alimentaire et exercice sans perdre muscle ni masse osseuse.