Affluence historique des touristes dans le monde, avec l’Afrique et l’Asie en tête

Image d'illustration. Venise tourismeADN
Le secteur du tourisme connaît une croissance sans précédent à l’échelle mondiale, avec une hausse marquée des arrivées de visiteurs internationaux. Cette progression est particulièrement notable en Afrique et en Asie, où l’affluence touristique atteint des niveaux historiques.
Tl;dr
- Le tourisme mondial retrouve presque son niveau d’avant-Covid.
- L’Afrique et l’Asie enregistrent des records historiques.
- L’incertitude géopolitique pèse sur les perspectives de 2026.
Tourisme mondial : un retour en force, sauf aux États-Unis
Alors que l’on croyait l’ombre du Covid tenace, le secteur du tourisme international semble bien avoir repris sa marche en avant. Selon les derniers chiffres révélés par le Baromètre de l’ONU Tourisme, les recettes d’exportation générées par le secteur – transport inclus – ont atteint un sommet inédit depuis la crise sanitaire : quelque 2 200 milliards de dollars. Un montant qui rappelle les fastes de l’année 2019.
L’Afrique et l’Asie dynamisent la reprise
Sur la carte des grandes destinations, ce sont incontestablement l’Afrique et la région Asie-Pacifique qui se distinguent par leur vitalité. L’Afrique signe une performance exceptionnelle avec une croissance de +8 % en nombre d’arrivées internationales, soit environ 81 millions de visiteurs. Le dynamisme est particulièrement marqué en Afrique du Nord, où l’on note :
- L’Égypte : +20 % d’arrivées et +17 % de recettes.
- Le Maroc : +14 % sur la fréquentation, +19 % côté finances.
- Seychelles : une progression spectaculaire de +13 %.
En Asie et dans le Pacifique, la reprise s’accélère également (+6 %), avec un effet levier notable en Asie du Nord-Est (+13 %) et au Bhoutan (+30 %). Les réseaux sociaux semblent jouer un rôle non négligeable dans ce renouveau, à en juger par le regain d’intérêt pour des destinations comme le Japon (+17 %) ou la Corée du Sud (+18 % sur les recettes).
L’Europe consolide sa domination, mais l’Amérique marque le pas
Si l’Europe conserve sa position de leader – 793 millions d’arrivées enregistrées, soit une hausse de 4 % comparé à 2024 –, c’est désormais la zone Centre-Est qui tire son épingle du jeu avec un rebond inattendu de 6 %. Pourtant, l’Amérique peine à suivre cette dynamique. Les effets persistants des politiques menées sous Donald Trump continuent de freiner le tourisme vers les États-Unis, qui stagnent malgré la progression globale du continent américain (seulement +1 %). L’Amérique centrale et du Sud relèvent quelque peu la barre avec des hausses respectives de 5 et 7 %, alors que les Caraïbes ont subi durement le passage de l’ouragan Melissa.
Moyen-Orient, perspectives incertaines pour 2026
Ailleurs, le Moyen-Orient affiche une santé insolente avec une envolée record : +39 % comparé à 2019. Cette région s’approche désormais des 100 millions de visiteurs annuels. Pour autant, la prudence reste de mise concernant l’avenir immédiat. D’après les experts interrogés par ONU Tourisme, on table sur une croissance mondiale plus modérée – autour de +3 à +4 %. Signe d’un climat toujours fragile : seuls 58 % des professionnels anticipent une année meilleure en 2026. Les tensions géopolitiques, le risque inflationniste ou encore un éventuel retour de Donald Trump à la Maison-Blanche pourraient bousculer ces prévisions optimistes.