Accord UE: Seul le blé ukrainien échappe au plafonnement des importations agricoles

Depuis le déclenchement du conflit, l'importation de produits agricoles ukrainiens sans droits de douane suscite la frustration des agriculteurs qui exigent une meilleure régulation des volumes. Quelles solutions pour apaiser cette situation?

Champ ble
Image d'illustration. Champ ble — ADN

Tl;dr

  • Les États de l’UE et le Parlement européen acceptent de plafonner certaines importations agricoles ukrainiennes sans droits de douane.
  • L’exemption de droits de douane sera reconduite pour un an à partir de juin avec des «mécanismes de sauvegarde» sur certains produits.
  • Les agriculteurs européens accusent les produits ukrainiens de concurrence déloyale et de plomber les prix locaux.
  • Les Vingt-Sept avaient assoupli les règles d’importation de produits agricoles ukrainiens comme mesure de soutien à Kiev après l’invasion russe.

Le défi de l’importation agricole ukrainienne

Le sujet brûlant des importations agricoles ukrainiennes continue de diviser l’Union Européenne. Dans une déclaration faite ce mercredi 20 mars, les États membres et le Parlement européen ont convenu, face aux pressions du secteur agricole, de plafonner certains produits importés de l’Ukraine exemptés de droits de douane.

Des mesures de sauvegarde appliquées

Le nouvel accord, conclu au terme d’une longue nuit de négociations, prévoit notamment d’appliquer ces restrictions aux œufs, volailles, sucre, avoine, maïs et miel. Certaines céréales ont été exclues de cette mesure malgré le souhait des eurodéputés d’y inclure le blé et l’orge.

Ces mécanismes de sauvegarde permettront à l’UE de réimposer des droits de douane sur ces produits si leurs volumes d’importation dépassent le niveau moyen observé en 2022 et 2023.

Une concurrence déloyale pour les agriculteurs européens ?

Face à cet afflux de produits ukrainiens, les agriculteurs européens fustigent « une concurrence déloyale ». Leurs plaintes découlent du fait que ces produits seraient non-conformes à certaines normes appliquées au sein de l’UE, notamment concernant la taille des élevages et l’utilisation de produits phytosanitaires.

Une solution européenne dans un contexte de tension géopolitique

La Commission européenne s’est engagée à adopter des mesures correctives en cas de « perturbations importantes » sur le marché, que cela concerne un ou plusieurs états membres. En réponse aux revendications des eurodéputés et à la protestation des agriculteurs, Bruxelles s’est engagée à agir « plus rapidement », dans un délai de 14 jours au lieu des 21 jours initialement prévus.

En parallèle, l’UE déploie des efforts pour que les produits agricoles ukrainiens retrouvent leurs marchés d’origine, particulièrement en Afrique et au Moyen-Orient, limitant ainsi leur concentration en Europe. Cette stratégie s’inscrit dans le soutien apporté par l’UE à l’Ukraine, suite à l’invasion russe en février 2022, et au maintien de l’une des principales puissances agricoles du continent européen.

Jérôme Nelra

Spécialiste Économie

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