Même s’il en avait l’intention, Elon Musk ne pourrait pas acquérir Ryanair

Image d'illustration. Aeroport ryanairADN
Malgré sa fortune colossale et son appétit pour les acquisitions spectaculaires, Elon Musk se heurterait à des barrières réglementaires et structurelles s’il envisageait de prendre le contrôle de la compagnie aérienne européenne Ryanair.
Tl;dr
- Ryanair interdit à Elon Musk tout rachat majoritaire.
- Querelle publique sur le wifi Starlink et sur X.
- Hausse des réservations Ryanair après ce « clash ».
Une passe d’armes qui dépasse la simple provocation
Derrière une suite d’échanges acerbes, la confrontation entre Michael O’Leary, patron de Ryanair, et Elon Musk, fondateur de Tesla et de SpaceX, met en lumière les barrières réglementaires qui protègent l’industrie aérienne européenne. Mercredi, à Dublin, le dirigeant irlandais a réaffirmé que, selon la réglementation stricte de l’Union européenne, seuls des ressortissants européens pouvaient prendre le contrôle majoritaire d’une compagnie basée dans l’UE. Impossible donc, pour un entrepreneur tel que Musk — dont les nationalités sud-africaine, canadienne et américaine sont bien connues — de devenir l’actionnaire principal du transporteur low-cost.
L’affaire Starlink ravive la discorde
À l’origine de cette nouvelle joute : le refus catégorique du patron de Ryanair d’équiper sa flotte avec le réseau satellite Starlink, propriété d’Elon Musk. Ce choix est justifié par des coûts jugés prohibitifs — entre 150 et 250 millions de dollars annuels — et des inquiétudes autour de l’impact aérodynamique des antennes, susceptibles d’alourdir la facture carburant. Le ton s’est durci rapidement. Sur les ondes irlandaises de Newstalk, O’Leary n’a pas mâché ses mots : il a qualifié son homologue d’« idiot » et a décrit X comme un « cloaque ». La riposte ne s’est pas fait attendre sur le réseau social désormais rebaptisé X : Musk s’y est également laissé aller à des invectives cinglantes, allant jusqu’à publier un sondage provocateur sur un éventuel rachat de Ryanair.
Musk tenté par un investissement… sans pouvoir réellement peser
Malgré ces échanges musclés, Michael O’Leary a glissé une invitation inattendue au milliardaire : investir dans la société. Selon lui, ce placement serait « nettement meilleur que les rendements financiers qu’il obtient sur X ». Pour autant, la règle reste immuable : aucune majorité possible pour un actionnaire extra-européen. Un rappel qui ferme la porte à toute tentative réelle de prise de contrôle.
Un effet boomerang bénéfique pour Ryanair ?
Curieusement, ce tumulte médiatique semble avoir eu un effet positif pour la compagnie. O’Leary indique que ce « clash » aurait entraîné une hausse immédiate des réservations : « environ 2 % ou 3 % au cours des cinq derniers jours ». Rappelons que la valorisation boursière actuelle de Ryanair atteint près de 30 milliards d’euros, tandis qu’en 2022, Musk déboursait 44 milliards pour racheter Twitter (désormais X).
Pour ceux qui suivent cette saga industrielle et numérique, difficile d’imaginer qu’elle en reste là.