En bref
- New York publiera 173 000 documents
- Des archives sur l’air toxique après 2001
- Deux anciens maires pourraient être cités
Plus de 9 400 personnes sont mortes, selon le programme fédéral de suivi médical, de maladies liées à leur exposition après les attentats du 11 septembre 2001. Ce bilan s’ajoute aux 2 977 morts recensés aux États-Unis le jour des attaques, surtout à New York. C’est ce passif sanitaire qui redonne du poids à la publication annoncée par le maire Zohran Mamdani.
Un bilan qui ne s’est pas arrêté en 2001
Après l’effondrement des tours du World Trade Center, un premier nuage de poussière a recouvert une partie de la ville. Puis sont venus des mois de pollution et de poussières résiduelles. Des milliers de New-Yorkais en subissent encore les effets, notamment avec des cancers.
Pour les associations de victimes, le sujet ne relève donc pas seulement de la mémoire. Il touche aussi à la santé publique, vingt-cinq ans après. Et à une question simple, qui revient depuis des années, savoir ce que les autorités connaissaient réellement sur la toxicité de l’air autour de Ground Zero.
Ce que la mairie va rendre public
Zohran Mamdani a annoncé la mise en ligne de 173 000 documents, diffusés par vagues pendant douze mois. Selon lui, ces archives montrent ce que la ville savait sur la présence d’air toxique, à quel moment elle l’a appris et comment elle a agi pour limiter sa responsabilité juridique.
Cette publication découle d’un accord avec l’association 9/11 Health Watch, qui avait saisi la justice pour obtenir l’accès à ces pièces. Bon, le volume annoncé est massif, mais l’enjeu est très concret pour les habitants, les secouristes et les proches des victimes qui attendent des réponses depuis des années.
Des responsabilités politiques potentiellement visées
Les documents pourraient mettre en cause deux anciens maires de New York, Rudy Giuliani, en fonctions au moment des attentats, puis Michael Bloomberg, arrivé durant l’hiver 2002. L’avocat en chef de la ville, Steven Banks, a déjà indiqué que certains échanges portaient sur les discussions de l’administration Giuliani à propos des risques sanitaires et de sa responsabilité juridique.
Un autre document mentionne aussi des informations transmises par le représentant au Congrès Jerry Nadler sous la mandature de Michael Bloomberg, à propos des inquiétudes des habitants du sud de Manhattan sur l’air qu’ils respiraient.
Une question toujours ouverte, 25 ans après
Interrogé sur les responsables qui auraient caché des informations au public, Zohran Mamdani n’a pas donné de noms. Il a seulement expliqué que cela concernait de nombreuses personnes auxquelles les habitants avaient accordé leur confiance.
Le comédien Jon Stewart, engagé de longue date sur ce dossier, a résumé ce sentiment en déclarant « Tout le monde le savait, et il apparaît désormais clairement que la ville le savait elle aussi. » De son côté, Ben Chevat, directeur de 9/11 Health Watch, a salué Zohran Mamdani comme « le premier maire, en 25 ans, à commencer enfin à répondre » à la question de ce que la ville savait du nuage toxique.
Le 11 septembre 2001, deux avions détournés ont frappé les tours du World Trade Center, un troisième le Pentagone et un quatrième s’est écrasé près de Shanksville, en Pennsylvanie, après la riposte de passagers.