En bref
- Deux chercheurs défendent une possibilité mathématique
- Le modèle s’appelle TARDIS
- La machine reste impossible à construire
Le plus frappant, ici, tient en une ligne. Le voyage dans le temps n’est pas présenté comme une fantaisie pure, mais comme une possibilité mathématique. En pratique, en revanche, on en est encore très loin.
Deux chercheurs, l’un aux États-Unis, l’autre au Canada, affirment avoir bâti un modèle allant dans ce sens. Le premier travaille à l’université du Maryland comme astrophysicien. Le second, Ben Tippett, est spécialiste de la relativité d’Einstein à l’université de Colombie-Britannique.
Possible sur le papier, pas dans un labo
Leur idée est simple à résumer. Selon leur modèle, se déplacer dans le temps serait réalisable en théorie. Pas aujourd’hui, pas avec nos moyens, mais sans contradiction mathématique.
C’est ce point que souligne Ben Tippett. D’après lui, beaucoup rangent le sujet du côté de la fiction parce que personne ne le fait dans la vie réelle. Or, dit-il, cela ne suffit pas à l’exclure sur le plan des maths.
Un modèle baptisé TARDIS
Le modèle porte un nom qui ne passe pas inaperçu, TARDIS. L’acronyme signifie Traversable Acausal Retrograde Domain in Space-time. Et il renvoie aussi au vaisseau du Docteur dans la série Doctor Who.
Le clin d’œil est évident, mais le fond est sérieux. Les deux chercheurs disent avoir mis au point une construction mathématique dans laquelle un trajet temporel entre dans le champ du possible.
L’espace et le temps pensés ensemble
Au cœur de leur raisonnement, il y a une manière différente de regarder le réel. Ben Tippett estime qu’il est trompeur de séparer d’un côté les trois dimensions de l’espace, et de l’autre le temps comme un bloc à part.
En gros, il faudrait penser les quatre dimensions en même temps. Reformulé plus simplement, l’espace et le temps formeraient un seul ensemble, ce qui change la façon d’imaginer un déplacement temporel.
Le vrai verrou, la matière exotique
Mais la théorie bute sur un obstacle massif. Pour construire une machine spatio-temporelle, il faudrait des matériaux particuliers, que les chercheurs appellent matière exotique.
Selon Ben Tippett, ces matériaux seraient nécessaires pour plonger l’espace-temps dans des configurations aujourd’hui impossibles à produire. Et ce détail change tout, car cette matière reste encore à découvrir.
Une hypothèse qui ouvre sur un vertige
Si un tel projet devenait un jour concret, la conséquence serait assez troublante. Des visiteurs venus de ce futur pourraient, en théorie, déjà se trouver dans notre présent.
Pour l’instant, cela reste une perspective spéculative. Mais c’est aussi ce qui rend ce travail intéressant, ce contraste entre des équations qui ouvrent une porte et une réalité technique qui, elle, la laisse fermée.
Vos questions, nos réponses
Que signifie exactement « mathématiquement possible » ?
Cela veut dire qu’un modèle peut être construit sans contradiction dans le cadre des équations utilisées par les chercheurs. Autrement dit, les maths n’interdisent pas l’idée. Cela ne veut pas dire qu’une machine existe, ni même qu’elle soit proche.
Pourquoi le nom TARDIS attire autant l’attention ?
Parce qu’il fait immédiatement penser à Doctor Who, une référence très connue de la science-fiction. Ici, ce n’est pas qu’un clin d’œil amusant, c’est aussi l’acronyme complet du modèle imaginé par les chercheurs.
Qu’est-ce que la matière exotique dans ce contexte ?
Les chercheurs emploient ce terme pour désigner des matériaux qui permettraient de modifier l’espace-temps d’une manière hors de portée aujourd’hui. Le point important, c’est qu’ils ne disposent pas encore de cette matière, ce qui bloque toute application concrète.
Faut-il comprendre que des voyageurs du futur sont déjà parmi nous ?
Non, ce n’est pas une affirmation. C’est une conséquence théorique évoquée si, dans un futur lointain, une telle technologie finissait par exister. Pour l’instant, on reste dans le domaine de l’hypothèse.