Vers une mobilisation historique ? Les médecins libéraux appelés à faire grève de nombreux jours

Image d'illustration. Stéthoscope sur bureau videADN
Dès ce lundi, les médecins sont invités à cesser le travail pour une durée de dix jours. Ce mouvement de grève, d'une ampleur exceptionnelle selon les syndicats, devrait fortement perturber le fonctionnement des établissements de santé.
Tl;dr
- Grève massive des médecins libéraux dès le 5 janvier.
- Protestation contre la loi de financement de la Sécurité sociale.
- Risque de paralysie pour l’hôpital public et les cliniques.
Une mobilisation inédite du corps médical
Ce lundi 5 janvier, un mouvement d’ampleur secoue le secteur médical français : cabinets fermés, blocs opératoires à l’arrêt, manifestations dans plusieurs villes… Pour dix jours, les médecins libéraux sont appelés à cesser leur activité, dénonçant des « politiques qui les piétinent ».
Selon Frank Devulder, président de la CSMF, « Le mouvement sera excessivement suivi, je n’ai pas vu ça depuis 30 ans ». Une détermination qui trouve écho chez nombre de praticiens, estimant ne plus être entendus par les pouvoirs publics.
Des griefs multiples contre la nouvelle loi
Au cœur de cette colère : la toute récente loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée mi-décembre. Les revendications sont nombreuses : budget jugé insuffisant face aux besoins croissants, encadrement renforcé des arrêts maladie, baisse possible des tarifs de certains actes sans négociation préalable…
Autant de mesures que les médecins considèrent comme une atteinte directe à leur « liberté d’exercice ». D’autres dispositions accentuent la grogne : restriction envisagée de la liberté d’installation et durcissement du cumul emploi-retraite, très utilisé dans la profession.
L’ampleur du mouvement et ses répercussions concrètes
Jamais depuis des décennies une telle unité n’avait été observée entre syndicats représentatifs (comme Avenir Spé/Le Bloc, FMF, SML, ou encore la jeune génération réunie sous Médecins pour Demain). Les actions prévues vont bien au-delà du simple arrêt des consultations : fermeture totale ou partielle des cabinets, « grève administrative » refusant la transmission de données à l’Assurance Maladie, mais aussi manifestation le samedi 10 janvier à Paris. Parmi les initiatives symboliques, près de 2 000 chirurgiens et anesthésistes partiront plusieurs jours à Bruxelles pour illustrer le risque réel d’exil professionnel.
Les conséquences sur le terrain s’annoncent lourdes : selon la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), jusqu’à « 80% des blocs opératoires fermés » pourraient être enregistrés. Les patients nécessitant une prise en charge urgente seraient orientés vers l’hôpital public – déjà mis à rude épreuve.
Pour mieux cerner l’impact immédiat :
- Cabinets médicaux : forte proportion fermés ou limités aux urgences.
- Bases hospitalières privées : activités chirurgicales largement suspendues.
- Soutien massif : près de 85% des adhérents syndicaux engagés dans la grève.
L’État tente d’apaiser sans convaincre
Face à cette mobilisation historique, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a tenté une main tendue. Elle met en avant certaines concessions – disparition d’amendes pour non-remplissage du dossier médical partagé, promesse qu’aucune baisse tarifaire ne sera imposée unilatéralement. Pourtant, ces engagements peinent à rassurer.
La lassitude domine : « C’est la dixième ministre sous Macron, aucune garantie réelle n’est offerte », souligne un syndicaliste. Le bras de fer est donc lancé et pourrait bien marquer un tournant dans les relations entre l’État et les professionnels du soin.