Les médecins libéraux prévoient une grève inédite à compter du 5 janvier 2026

Image d'illustration. Salle d attente d hôpital videADN
Les médecins exerçant en libéral prévoient de cesser leur activité dès le 5 janvier 2026. Ce mouvement, qualifié d’inédit par leurs représentants, pourrait entraîner des perturbations majeures dans l’accès aux soins sur tout le territoire.
Tl;dr
- Grève inédite des médecins libéraux prévue dès le 5 janvier.
- Syndicats dénoncent le projet de la Sécurité sociale 2026.
- Mobilisation nationale et actions fortes annoncées en janvier.
Médecine libérale en crise : une mobilisation d’ampleur annoncée
Sous la pression d’un projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 jugé « sans précédent depuis 1945 », l’ensemble des syndicats représentatifs des médecins libéraux monte au créneau.
À partir du 5 janvier, un mouvement de grève s’annonce, suscitant une inquiétude palpable dans les cabinets médicaux et chez les patients. Les praticiens sont invités à reporter leurs consultations et à amplifier le mouvement, alors que les discussions autour du budget santé crispent fortement la profession.
Des actions progressives et une contestation qui s’étend
La grogne couvait déjà : dans le sud-est, certains collectifs avaient ouvert la voie dès le début décembre. Désormais, l’appel lancé par les sept principaux syndicats – dont MG France, CSMF, ou encore Avenir Spé/Le Bloc – fédère aussi bien généralistes que spécialistes, avec le soutien d’organisations telles que Jeunes Médecins. Cette mobilisation ne s’adresse pas uniquement aux praticiens confirmés : internes et étudiants sont expressément invités à rejoindre la contestation.
Parmi les mesures préconisées figurent :
- Suspendre partiellement l’alimentation du Dossier Médical Partagé (DMP)
- Systématiser la demande de validation des arrêts maladie auprès de l’Assurance maladie
- Bouder les nouveaux contrats “France Santé”, présentés par le gouvernement comme gage de rapidité d’accès aux soins.
Sécurité sociale : les articles polémiques du projet de loi
Au cœur de la contestation se trouvent deux articles du projet. L’article 24, d’abord, prévoit que l’Assurance maladie puisse revoir unilatéralement les tarifs de certains secteurs – radiothérapie, imagerie médicale, dialyse ou néphrologie notamment –, si une « rentabilité excessive » est estimée.
Les représentants y voient ni plus ni moins qu’une remise en cause du principe même de négociation conventionnelle. L’article 26 ajoute une sur-cotisation sur les suppléments d’honoraires des médecins du secteur 2 et sur les revenus non conventionnés (secteur 3), amplifiant le sentiment d’injustice parmi les professionnels concernés.
Péril sur l’avenir du système et perspectives d’escalade
Avec une « grande manifestation nationale » attendue à Paris le 7 janvier, difficile aujourd’hui d’envisager une désescalade rapide.
Le syndicat Le Bloc, notamment, projette déjà plusieurs milliers de chirurgiens en grève entre le 5 et le 19 janvier ; certains pourraient s’exiler temporairement à Bruxelles pour échapper aux réquisitions. Si ce mouvement prend racine dans la santé, il résonne aussi dans un contexte social tendu : ailleurs en France, la CGT ou Solidaires appellent également à descendre dans la rue contre l’austérité dès début décembre.
En filigrane se dessine donc une crispation profonde sur l’avenir même de la médecine libérale française, confrontée à ce que beaucoup décrivent comme un véritable tournant pour son modèle historique.