Salaires, horaires et pression : le ras-le-bol chez Ubisoft

Image d'illustration. UbisoftUbisoft / PR-ADN
Face à la réorganisation en cours chez Ubisoft et à l’imposition d’une politique stricte de retour au bureau, de nombreux employés ont cessé le travail, manifestant leur mécontentement vis-à-vis des nouvelles orientations prises par l'éditeur français.
Tl;dr
- Près de 1200 employés d’Ubisoft ont fait grève début février 2026 en France et à Milan, pour protester contre les licenciements et la pression accrue au travail.
- Les revendications principales portent sur une augmentation générale des salaires de 10 % et la réduction de la semaine de travail à quatre jours, ainsi que la contestation du retour obligatoire au bureau.
- Cette mobilisation s’accompagne d’annulations de projets majeurs, de fermetures de studios et d’une réorganisation interne, traduisant un moment de tension majeur pour l’éditeur et l’industrie du jeu vidéo.
Une mobilisation d’ampleur chez Ubisoft
En ce début d’année, la tension n’a cessé de monter dans les rangs de Ubisoft. Suite à l’annonce de licenciements et à des mesures d’économie drastiques, près de 1200 employés ont choisi la voie de la grève. Ce mouvement social, orchestré du 10 au 12 février 2026 à l’appel du syndicat Solidaires Informatique, a pris racine principalement en France mais a aussi touché le bureau milanais de l’éditeur. L’inquiétude grandissante face aux perspectives d’avenir et à la pression accrue sur les équipes a fini par cristalliser le mécontentement.
Des revendications claires et visibles
Derrière cette mobilisation, plusieurs exigences précises émergent : les syndicats réclament notamment une hausse généralisée des salaires de 10% ainsi que la mise en place d’une semaine de travail réduite à quatre jours. Dans les rues devant le siège parisien, certains grévistes brandissaient leurs slogans, tandis qu’un manifestant masqué en Lapin Crétin attirait l’attention des médias. Au cœur des doléances figurent aussi les récentes politiques internes : retour imposé au bureau cinq jours par semaine, licenciements massifs déjà effectifs pour plusieurs centaines d’employés prévus jusqu’en 2026 et, plus récemment encore, le renvoi d’un salarié ayant publiquement critiqué ce retour forcé.
Un contexte social déjà tendu dans toute l’industrie
Il est vrai que ces mouvements ne se limitent pas au seul géant français du jeu vidéo. Le syndicat Solidaires Informatique, qui fédère également des salariés d’autres grands noms comme Blizzard Entertainment, avait tenté une première mobilisation dès le 27 janvier 2026. Cette agitation s’inscrit dans un climat général de défiance envers les stratégies managériales adoptées par certaines grandes entreprises du secteur.
Lourdes conséquences sur l’activité éditoriale
Parallèlement aux remous sociaux, l’actualité éditoriale chez Ubisoft reste marquée par une série noire. Plusieurs projets phares viennent d’être annulés ; parmi eux figure le très attendu remake de The Sands of Time, emblématique volet de la saga Prince of Persia. À cela s’ajoutent la fermeture de plusieurs studios et une profonde réorganisation structurelle annoncée récemment – autant de signaux qui traduisent un moment charnière pour le groupe et ses salariés.
Au final, ce mouvement social s’inscrit dans un contexte où inquiétudes économiques et aspirations nouvelles se croisent, alors que tout un secteur tente tant bien que mal de s’adapter à des mutations brutales.