Grève chez Total : des stations-service à l’arrêt en pleine période de vacances scolaires

Image d'illustration. Stations service colorées sous ciel bleuADN
Plusieurs stations-service Total sont à l’arrêt ce vendredi en raison d’un mouvement de grève déclenché par les salariés, en pleine période de vacances scolaires, suscitant des perturbations pour les automobilistes sur l’ensemble du territoire.
Tl;dr
- Grève chez Argedis pour exiger une aide carburant.
- Prime proposée jugée insuffisante par la CGT.
- Blocages annoncés à l’approche des vacances.
Un mouvement social sur fond de flambée des prix
La tension monte chez les salariés d’Argedis, filiale de TotalEnergies responsable de près de 200 stations-service, principalement sur autoroute. Face à la hausse continue des prix du carburant, le syndicat CGT a lancé un appel à la grève ce vendredi 17 avril, une date choisie alors que les départs en vacances s’annoncent nombreux en Île-de-France.
L’objectif : obtenir de leur employeur une véritable aide pour faire face à ce que la déléguée syndicale Djamila décrit comme une situation « financièrement intenable ».
Des mesures jugées largement insuffisantes
Du côté de la direction, la réponse est loin de satisfaire les attentes. Lors des dernières négociations, une « prime carburant » allant de 15 à 40 euros mensuels, en fonction du trajet domicile-travail, a été proposée. Mais pour la CGT, il ne s’agit là que de « miettes ».
Selon le syndicat, nombre de salariés voient désormais leur budget mensuel consacré au carburant atteindre jusqu’à 400 euros – soit un quart d’un salaire net moyen estimé autour de 1 600 euros. Une réalité qui concernerait près de 80 % du personnel d’Argedis, selon les chiffres avancés par le syndicat.
L’impact du contexte international et des décisions du groupe
Depuis l’escalade du conflit au Moyen-Orient fin février, l’envolée des tarifs à la pompe n’a pas épargné la France. En réaction, TotalEnergies a décidé d’un plafonnement des prix dans ses stations – ce qui a certes profité aux automobilistes mais entraîné une forte augmentation de fréquentation… et donc de charge pour les équipes en station.
Ce surcroît d’activité aggrave encore le sentiment d’injustice exprimé par les salariés : « Cela représente du travail supplémentaire sans compensation réelle », pointe la CGT.
Vers un blocage annoncé durant un week-end clé ?
Dans ce contexte, le syndicat prévient : si rien n’évolue rapidement, un blocage des stations-service d’Argedis, filiale pourtant « à 100 % propriété de TotalEnergies », pourrait perturber sérieusement l’accès au carburant alors que s’amorce une période cruciale pour les vacanciers.
La direction du groupe pétrogazier n’a pas souhaité réagir publiquement à cette menace. Une certitude cependant : ces tensions illustrent la fragilité sociale grandissante dans le secteur pétrolier français.