Une avancée prometteuse : vers une administration d’insuline par simple crème cutanée contre le diabète

Image d'illustration. Crème de soin. ADN
Des chercheurs explorent une nouvelle approche pour traiter le diabète : administrer de l’insuline via une crème appliquée sur la peau. Cette méthode innovante pourrait remplacer les injections traditionnelles et faciliter la gestion quotidienne de la maladie.
Tl;dr
- Un nouveau polymère permet l’insuline par voie cutanée.
- Efficacité prouvée chez la souris et le cochon nain diabétiques.
- Moins d’effets secondaires, potentiellement sans piqûre à l’avenir.
Vers une révolution dans l’administration de l’insuline
Jusqu’à présent, l’idée même de délivrer de l’insuline à travers la peau semblait hors d’atteinte. En cause ? La structure complexe et hydrophile de cette molécule essentielle au traitement du diabète, longtemps incompatible avec la barrière cutanée. Or, une équipe menée par des chercheurs de l’Université Zhejiang en Chine ouvre aujourd’hui une brèche prometteuse.
L’ingéniosité d’un polymère sur-mesure
Au cœur de cette avancée, on retrouve un polymère innovant : le poly[2-(N-oxide-N,N-dimethylamino)ethyl methacrylate], ou simplement OP. Ce matériau a été conçu pour tirer parti du pH naturellement acide en surface de la peau, évoluant vers une neutralité dans les couches profondes. En surface, OP possède une charge positive qui lui permet d’adhérer aux lipides cutanés ; plus loin sous la peau, il perd cette charge et relâche son précieux « passager » : l’insuline.
Pour franchir la barrière lipidique, les scientifiques ont ainsi lié ce polymère à l’hormone pour former le complexe OP-I. Résultat : ce duo parvient là où ni l’insuline seule ni les polymères classiques comme le PEG n’étaient efficaces.
Des résultats spectaculaires chez l’animal
D’abord testée sur des modèles de peau humaine en laboratoire, puis sur des souris diabétiques et enfin sur des cochons nains, cette méthode a surpris par sa rapidité et sa stabilité. Chez ces animaux, le taux de glucose sanguin chutait à des valeurs normales en moins de deux heures et restait stable pendant au moins douze heures – des performances comparables à celles d’une injection traditionnelle.
De plus, le complexe OP–I s’accumule dans les tissus clés pour la régulation du glucose : foie, muscles squelettiques et tissu adipeux. Là, il libère progressivement l’insuline, activant ses récepteurs tout en évitant les pics soudains liés aux injections.
Diversification thérapeutique en vue ?
Peu ou pas d’inflammation observée lors des essais sur animaux : cet élément rassurant laisse entrevoir une sécurité accrue pour les patients… même si tout reste à valider chez l’humain. Les chercheurs affirment que cette technologie pourrait également servir à transporter d’autres biomolécules — protéines thérapeutiques ou même acides nucléiques — offrant ainsi un large éventail d’applications médicales futures.
Si la prudence s’impose encore avant tout passage en clinique, difficile de ne pas imaginer un futur où « les injections fréquentes deviendraient superflues ». Un espoir réel pour des millions de diabétiques — et peut-être bien au-delà.