Un VPN présenté comme inviolable finalement démantelé par les autorités

L’opération « Saffron » a permis le démantèlement de firstVPNservice, un VPN utilisé à grande échelle pour faciliter des activités de cybercriminalité internationales.

Obscura VPN
Image d'illustration. Obscura VPN — Obscura VPN / PR-ADN

Tl;dr

  • Les autorités européennes et internationales ont démantelé le service VPN firstVPNservice lors de l’opération « Saffron ».
  • L’infrastructure, utilisée pour des activités de cybercriminalité, comprenait des dizaines de serveurs et des services d’anonymisation illégaux.
  • Les enquêteurs ont identifié des utilisateurs et rappelé que si les VPN sont légaux, leur usage à des fins criminelles reste sanctionné.

Un réseau VPN soupçonné, cible d’une vaste opération internationale

En mai dernier, la lutte contre la cybercriminalité a connu un tournant décisif avec le démantèlement de firstVPNservice, un service VPN longtemps considéré par ses utilisateurs comme une forteresse impénétrable. Orchestré conjointement par les autorités françaises et néerlandaises, le coup de filet s’est appuyé sur l’expertise de nombreux partenaires européens et nord-américains, dont Europol, Eurojust, ainsi que des agences spécialisées du Royaume-Uni, de la Suisse, de l’Ukraine ou encore du Canada.

L’infrastructure criminelle visée et démantelée

L’opération baptisée « Saffron » a permis aux enquêteurs de neutraliser une infrastructure clé dans l’écosystème du cybercrime. Entre les 19 et 20 mai 2026, ce sont pas moins de 33 serveurs actifs dans 27 pays différents, ainsi que plusieurs noms de domaine, parmi lesquels « 1vpns.com », « 1vpns.net » ou encore des sites sur le dark web, qui ont été saisis. Il apparaît désormais que ce VPN, absent des listes recommandées pour des usages légitimes, offrait bien plus que la simple confidentialité : paiements anonymes, hébergement clandestin, et services expressément conçus pour échapper aux forces de l’ordre.

Derrière la technologie, un usage détourné mis à nu

Selon les informations dévoilées par Europol, les enquêteurs ont eu accès à la base de données interne du service. Résultat : non seulement les utilisateurs ont été identifiés puis informés de la fermeture du VPN, mais aussi près de 65 adresses IP rendues publiques. Pour Edvardas Šileris, directeur du Centre européen de lutte contre la cybercriminalité, cette opération marque un point d’inflexion : « Pour des années, ce service représentait une passerelle vers l’anonymat pour les cybercriminels… Cette opération prouve qu’ils avaient tort. »

Voici ce que révèle le bilan établi par les autorités :

  • Saisie complète des serveurs et domaines dédiés au crime.
  • Mise à jour des connexions VPN utilisées à des fins illicites.
  • Identification et mise en garde des utilisateurs impliqués.

Légalité des VPN : distinction nécessaire face aux usages illégaux

Si l’affaire rappelle que l’usage d’un VPN reste tout à fait légal pour protéger sa vie privée ou accéder à certains contenus lors d’un déplacement à l’étranger, elle met néanmoins en garde : recourir à ces technologies à des fins délictueuses expose inévitablement leurs adeptes à d’importantes poursuites judiciaires. Dans un contexte où le numérique redessine sans cesse les frontières du crime organisé, une telle coopération internationale réaffirme qu’aucune solution technique ne saurait offrir d’impunité absolue.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

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