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Un nouveau système de contrôle plonge les aéroports européens dans la confusion et provoque retards et correspondances ratées

Actualité > Union européenne > Transport
Par Jérôme Nelra,  publié le 16 avril 2026 à 19h00.
Actualité
Vue d un passager plaçant des effets personnels dans des bacs de contrôle

Image d'illustration. Vue d un passager plaçant des effets personnels dans des bacs de contrôleADN

La mise en place d’un nouveau système de contrôle dans les aéroports européens provoque d’importants retards, perturbant le trafic aérien et contraignant de nombreux voyageurs à manquer leurs vols, alors que la situation demeure tendue sur tout le continent.

Tl;dr

  • Nouveau système EES provoque chaos dans les aéroports.
  • Attentes records, vols manqués, passagers laissés au sol.
  • Des appels à suspendre l’EES avant l’été.

Un dispositif européen aux ambitions sécuritaires

En voulant moderniser et renforcer le contrôle des frontières, l’Union européenne a déployé son tout nouveau système d’entrée-sortie (EES) dans 29 pays, y compris la France. Ce dispositif remplace le traditionnel tampon manuel par un enregistrement numérique combinant coordonnées, données biométriques, dates d’arrivée et de départ.

L’objectif affiché par la Commission européenne : mieux surveiller les séjours des voyageurs de pays tiers — hors Union européenne, Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse — pour prévenir les dépassements de séjour et refoulements injustifiés.

Des débuts chaotiques dans les aéroports européens

Pourtant, dès sa mise en œuvre complète le week-end dernier, ce nouvel outil censé fluidifier les passages n’a pas tenu ses promesses. Au contraire : files interminables, retards massifs, vols ratés se sont multipliés. À Milan notamment, un vol EasyJet vers Manchester est parti sans 122 passagers restés bloqués aux contrôles biométriques. Certains ont dû débourser plus de 1800 euros pour espérer arriver à destination… avec près d’une journée de retard.

La situation a rapidement tourné à la confusion générale. Malgré une durée moyenne annoncée de « 70 secondes par voyageur » selon la Commission européenne, des témoignages d’attente de deux à quatre heures aux postes frontières ont afflué. Le patron de Ryanair, relayé par The Guardian, parle même d’un « fiasco total » – pointant du doigt une forme de punition post-Brexit.

L’appel à la suspension temporaire

Devant ce constat alarmant, plusieurs voix s’élèvent contre la rigidité du dispositif. Le Conseil international des aéroports (ACI), qui fédère les exploitants du secteur aérien mondial, avait déjà anticipé ces difficultés et préconise désormais une approche « plus flexible ». Les retards seraient si répandus qu’A4E, principale association des compagnies aériennes européennes, évoque un « échec du système ». Elle propose une liste claire d’alternatives :

  • Suspendre totalement ou partiellement l’EES avant l’afflux estival.
  • Mieux accompagner la montée en charge technique et humaine.

L’été sous tension ?

Reste une inconnue : comment l’EES résistera-t-il à la pression croissante des vacances ? Avec plus de 52 millions d’enregistrements déjà réalisés et 27 000 refus d’entrée signalés, le risque d’une saturation estivale inquiète tout autant professionnels que voyageurs réguliers.

Pour l’heure, la course contre-la-montre est engagée pour éviter un nouvel épisode chaotique sur les tarmacs européens.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Un dispositif européen aux ambitions sécuritaires
  • Des débuts chaotiques dans les aéroports européens
  • L’appel à la suspension temporaire
  • L’été sous tension ?
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