En bref
- Le premier James Bond de Timothy Dalton apporte un ton plus sombre à la franchise.
- Malgré un parcours chaotique, le film s’impose comme un épisode important de la saga.
- Sa vision plus réaliste de 007 a marqué les futures incarnations du personnage.
Trente-neuf ans après sa sortie en juillet 1987, Tuer n’est pas jouer garde un drôle de statut dans la saga James Bond. Pas le film le plus cité, pas le plus bruyant, mais un vrai tournant. C’est là que Timothy Dalton prend le relais avec un 007 plus adulte, plus fermé, presque déjà en avance sur ce que la franchise fera bien plus tard.
Un James Bond plus dur, bien avant l’époque Daniel Craig
Dans Tuer n’est pas jouer, James Bond enquête sur la mort suspecte de plusieurs défecteurs importants du KGB. L’affaire l’amène à aider un général soviétique à quitter l’URSS, pendant qu’un marchand d’armes américain prépare avec le KGB une manipulation capable d’entraîner le MI6 dans une erreur majeure. Au bout du fil, le risque d’une guerre nucléaire entre superpuissances.
Le ton compte autant que l’intrigue. Là où les derniers films portés par Roger Moore avaient glissé vers quelque chose de beaucoup plus léger, presque gadget, Timothy Dalton ramène un James Bond plus sec, plus inquiet, plus crédible. Avec le recul, on voit très bien pourquoi pas mal de fans le réévaluent aujourd’hui.
Un épisode solide, malgré un vrai bazar en coulisses
Le film repose aussi sur la mise en scène de John Glen, un habitué de la série. Il avait déjà réalisé Rien que pour vos yeux, Octopussy et Dangereusement vôtre, après avoir monté Au service secret de Sa Majesté. Résultat, Tuer n’est pas jouer avance avec assurance et reste un épisode franchement solide.
Il marque aussi un changement côté seconds rôles. C’est le premier James Bond sans Lois Maxwell dans le rôle de Miss Moneypenny. Caroline Bliss prend sa place dans les deux films de Dalton, avant d’être remplacée par Samantha Bond dans GoldenEye. Et Joe Don Baker joue ici Brad Whitaker, le marchand d’armes américain.
Le rôle que Pierce Brosnan n’a pas pu prendre
Avant Timothy Dalton, la production cherchait un acteur plus jeune pour rapprocher la saga d’un esprit plus ancré, plus proche des films avec Sean Connery. Sam Neill a été envisagé. Puis le rôle a été proposé à Pierce Brosnan.
Sauf que tout s’est compliqué avec la série Remington Steele. Son engagement l’empêche de passer le test décisif. L’intérêt autour de Pierce Brosnan pousse alors les créateurs de la série à relancer un programme pourtant annulé. Et quand il perd finalement 007, la série est annulée une nouvelle fois. Un sacré chaos.
Pourquoi ce James Bond a compté après coup ?
Ce détour a ouvert la porte à Timothy Dalton, dont le passage a été bref, mais loin d’être anodin. Sa version plus rugueuse de James Bond a habitué le public à un héros moins lisse, presque vingt ans avant que Daniel Craig pousse cette logique encore plus loin dans Casino Royale.
Et ce James Bond a laissé des traces jusque chez Christopher Nolan, qui considère Timothy Dalton comme son acteur préféré pour la franchise. Comme quoi, les films sous-estimés ne restent pas toujours dans l’ombre.