En bref
- Décédé à l’âge de 50 ans, Kavinsky emporte avec lui l’un des sons les plus marquants de Drive.
- Avec Nightcall, il a imposé une esthétique nocturne devenue culte.
- Son empreinte artistique dépasse largement sa discographie.
Il y a des morceaux qui dépassent vite le simple statut de chanson. Kavinsky, pour pas mal de monde, c’était ça. Une entrée en matière hypnotique avec la musique Nightcall et le générique de Drive qui vous accroche en quelques secondes. Le musicien français est mort à l’âge de 50 ans. La cause de son décès n’a pas encore été déterminée. Les autorités françaises ont indiqué n’avoir relevé rien de suspect.
Un morceau devenu plus grand que le générique
Sorti sur le premier album de Kavinsky, Nightcall a surtout pris une autre dimension grâce à Nicolas Winding Refn. Le réalisateur danois l’avait placé sur le générique d’ouverture de Drive, son film d’action salué par la critique.Le morceau donnait immédiatement la couleur, rêveuse, nocturne, presque fantomatique.
Et franchement, difficile d’imaginer l’entrée dans l’univers de Drive sans cette montée synthétique. La bande originale du film est souvent considérée comme une référence, et la contribution de Kavinsky y pèse lourd. Selon les éléments connus, beaucoup de cinéastes et de compositeurs ont tenté depuis de retrouver cette esthétique. Même Nicolas Winding Refn s’y est recroisé, sans retrouver tout à fait la même alchimie. Ce genre d’empreinte, ça ne s’efface pas.
Une disparition à 50 ans
L’annonce de sa mort referme brutalement un parcours assez singulier dans l’électro française. À ce stade, aucun détail supplémentaire n’a été communiqué sur les causes exactes.
Le point important, pour l’instant, tient en une phrase: les autorités n’ont rien trouvé qui laisse penser à un élément suspect. Résultat, l’émotion domine, avec beaucoup d’inconnues encore autour des circonstances.
Derrière le masque, Vincent Belorgey
Sous le nom de scène Kavinsky, il y avait Vincent Pierre Claude Belorgey, né le 31 juillet 1975 en Seine-Saint-Denis, en France. Il appartenait à une scène française qui a compté, avec Quentin Dupieux, Phoenix, Daft Punk et Jackson Fourgeaud.
Ce qui le distinguait aussi, c’était son goût très appuyé pour le cinéma. Son univers entier semblait branché sur cette obsession, jusque dans sa musique et dans le personnage qu’il avait construit.
Un personnage, deux albums, une trace durable
Ce personnage, justement, racontait l’histoire d’un zombie au volant d’une Ferrari Testarossa, mort dans un crash en 1986 puis revenu d’entre les morts en 2006. Un concept très visuel, presque taillé pour un film de minuit.
Son premier LP, OutRun, est sorti en 2013. Son deuxième, Reborn, a suivi en 2022 avec un accueil critique positif. Ce disque sera finalement son dernier.
La carrière de Kavinsky n’aura pas été longue. Mais entre deux albums, un imaginaire très fort et un titre devenu culte, l’influence reste bien là. Et elle risque de durer.