En bref
- L’abandon de Spider-Man 4 a brisé l’élan de la saga portée par Sam Raimi.
- Les nouveaux départs n’ont jamais totalement retrouvé l’équilibre de la trilogie originale.
- La franchise reste hantée par ce film qui n’a jamais vu le jour.
L’annulation de Spider-Man 4 en 2010 n’a pas seulement stoppé un film. Elle a aussi cassé l’élan de la version live-action de Spider-Man, au point que la franchise passe encore son temps à regarder dans le rétro. Et ça, quinze ans après, ce n’est pas rien.
Un départ acté faute de script
Après l’accueil mitigé de Spider-Man 3, Sam Raimi ne voulait pas repartir sur une suite qu’il ne jugerait pas solide. Le réalisateur a expliqué à Vulture qu’il préférait renoncer plutôt que livrer un film inférieur à ses ambitions. Il a même résumé son état d’esprit ainsi : « Je ne voulais pas faire un film moins que génial ».
Chez Sony, le reboot était déjà envisagé. Le studio a donc abandonné Spider-Man 4 et confirmé presque en même temps le lancement d’un nouveau départ avec un Peter Parker lycéen, qui deviendra The Amazing Spider-Man avec Andrew Garfield. Autre élément clé, l’accord entre Sony et Marvel impose au studio de produire régulièrement des films Spider-Man pour conserver les droits. Résultat, peu de marge pour repousser le calendrier.
Le film avait un méchant, mais pas encore sa vraie forme
Sur un point, le projet semblait verrouillé, le grand adversaire devait être le Vautour, avec John Malkovich dans le rôle. Des visuels partagés plus tard par l’artiste Jeffrey Henderson montraient une version pensée pour être beaucoup plus menaçante que l’image parfois kitsch du personnage.
Mais le scénario, lui, restait mouvant. Parmi les pistes évoquées, la fille du Vautour devait diriger une société rachetant le Daily Bugle, avec en parallèle une intrigue pour J. Jonah Jameson. Une autre idée voyait cette fille récupérer l’équipement de son père pour devenir Vulturess. Problème, cette trajectoire rappelait déjà celle de Harry Osborn dans la trilogie. Pas idéal pour finir en beauté.
Le reboot de Spider-Man n’a jamais vraiment pris
Le basculement vers The Amazing Spider-Man a été rapide, peut-être trop. En 2010, ni le multivers ni les univers partagés n’avaient encore normalisé ce genre de redémarrage. Pour beaucoup de fans, c’était surtout un au revoir brutal à la version de Sam Raimi.
Des échanges internes révélés plus tard l’ont montré. L’ancien dirigeant de Marvel, Alan Fine, estimait qu’écarter la trilogie originale de la continuité envoyait un mauvais signal au public. Et le reboot n’a pas vraiment corrigé ça. Entre une origin story jugée trop proche de celle déjà racontée et une sous-intrigue coupée autour de Richard Parker, le film donnait l’impression d’une version moins marquante, malgré des différences comme Gwen Stacy ou un Peter Parker plus rugueux.
L’ombre de Sam Raimi plane toujours sur Spider-Man
La trilogie de Sam Raimi a posé une bonne partie du langage moderne de Spider-Man au cinéma, du ton romantique aux scènes de voltige dans New York. Le souci, c’est que la suite a souvent semblé courir après ce modèle. The Amazing Spider-Man 2 a été perçu comme trop brouillon, puis Sony a fini par s’adosser à Marvel Studios pour la version portée par Tom Holland.
Même Spider-Man: No Way Home, énorme succès commercial, a surtout fonctionné comme un retour à cette mémoire-là. Le come-back de Tobey Maguire a ravi les fans, mais il a aussi rappelé qu’il manquait toujours une vraie conclusion à cette saga. Et franchement, c’est bien ce vide qui colle encore à la franchise.