En bref
- L’IMAX 70 mm séduit par son rendu, mais reste un cauchemar logistique sur les plateaux.
- Christopher Nolan est l’un des seuls à accepter ces contraintes pour maximiser l’immersion.
- Avec The Odyssey, il creuse encore l’écart avec les autres cinéastes.
Le paradoxe est assez simple. Tout le monde aime le rendu du IMAX 70 mm, presque personne ne veut subir ce qu’il impose sur un plateau. Et c’est précisément pour ça que Christopher Nolan reste à part.
Un format géant, un pari que presque personne ne tente
Avec The Odyssey, le cinéaste a tourné un long métrage entier avec ces caméras. Pas juste quelques séquences, pas un morceau du film, tout le film. Le résultat accompagne un démarrage massif en salles, avec près de 700 millions de dollars au box-office mondial à l’approche de sa troisième semaine, plus un CinemaScore A qui laisse penser que le film va durer.
Dans l’industrie, d’autres grands noms s’y essayent, mais sans aller aussi loin. Ryan Coogler a utilisé l’IMAX 70 mm sur des portions de Sinners. Même logique chez Denis Villeneuve pour les films Dune, avec en plus une vraie préférence pour les caméras IMAX numériques dans les décors désertiques.
Le bruit, ce détail qui change tout sur un plateau
Ce n’est pas juste une affaire de prestige visuel. Ces caméras sont lourdes, encombrantes, et surtout très bruyantes. Christopher Nolan les a déjà comparées à « une tondeuse à gazon ». Image assez parlante.
Même quand IMAX parvient à atténuer ce vacarme, il reste présent. Matt Damon l’a résumé avec une formule plus brutale, en parlant d’« un robot de cuisine dans la figure ». Pour les comédiens, on voit vite le problème. Pour la mise en scène aussi.
Un coût énorme pour un gain visuel bien réel
Le gain, lui, existe. Immersion, clarté, texture, le 70 mm IMAX produit une image que beaucoup jugent inimitable. Mais il faut pouvoir payer l’addition. The Odyssey affiche un budget de 250 millions de dollars, ce qui donne une idée du niveau d’engagement demandé.
Résultat, pas mal de réalisateurs préfèrent tourner dans d’autres formats, puis adapter le film pour une exploitation IMAX. C’est plus simple, et surtout plus souple créativement.
Christopher Nolan creuse l’écart pendant que les autres suivent
Le fond du sujet est là. Aujourd’hui, Christopher Nolan est le seul à accepter l’ensemble du package, le prix, le bruit, la logistique et les compromis. Et comme ses films enchaînent les succès, son statut lui donne une liberté que peu de cinéastes ont.
L’ancienne garde, avec Steven Spielberg, Martin Scorsese ou Francis Ford Coppola, n’est pas présentée comme incapable, plutôt comme moins encline à pousser ce niveau de dynamisme visuel. Les autres avancent, mais Christopher Nolan a déjà pris un train d’avance. Clairement, sur ce terrain-là, il joue encore dans une autre ligue.