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Texas : le parasite mangeur de chair réapparaît après 60 ans

Santé > Texas > Parasite
Par Morgan Fromentin,  publié le 7 juin 2026 à 11h00.
Santé
Un éleveur inspecte un veau au Texas

Image d'illustration. Alerte au Texas sur la lucilie bouchere.ADN

Un veau infesté dans le sud du Texas relance l’alerte sur la lucilie bouchère, un parasite capable d’atteindre bétail, faune sauvage et parfois humains.

En bref

  • Premier cas texan confirmé depuis 1966
  • Un veau touché près de la frontière mexicaine
  • Quarantaine et lâchers de mouches stériles renforcés

Le retour est minuscule à l’échelle du territoire, un seul veau, mais l’alerte est bien réelle. Dans le sud du Texas, les autorités américaines ont confirmé la présence de la lucilie bouchère du Nouveau Monde, un parasite absent de l’Etat depuis 1966.

Un cas isolé, mais un signal très surveillé

L’infestation a été repérée chez un veau de trois semaines à La Pryor, à environ 161 kilomètres de San Antonio et 80 kilomètres de la frontière avec le Mexique. En réaction, le vétérinaire en chef de l’Etat, Bud Dinges, a instauré une zone de quarantaine de 20 kilomètres couvrant une large partie du comté de Zavala et un petit secteur du comté voisin d’Uvalde.

Ce n’est donc qu’un cas. Mais dans ce dossier, le premier cas compte énormément, parce qu’il confirme que la barrière géographique a cédé.

Pourquoi cette mouche inquiète autant les éleveurs

Cette mouche n’a rien d’ordinaire. Ses larves ne se nourrissent pas de matière morte, elles attaquent les tissus vivants et les fluides. Les femelles pondent dans les plaies ouvertes ou les muqueuses, après un unique accouplement au cours de leur vie.

Pour le bétail, le risque est concret. Une mise bas, un écornage, une tonte, ou même de simples éraflures pendant les déplacements peuvent suffire. Stephen Diebel, éleveur texan, rappelle que des blessures très petites, jusqu’à une piqûre de tique, peuvent exposer un animal. Sans traitement, l’infestation peut être mortelle, même si une douzaine de traitements sont autorisés sur différentes espèces.

Les autorités agricoles insistent sur un point, le parasite ne contamine pas les aliments. La secrétaire américaine à l’agriculture, Brooke Rollins, estime aussi qu’il ne devrait pas désorganiser la production de bœuf.

Une progression rapide depuis l’Amérique centrale

Le cas texan n’arrive pas de nulle part. La mouche a été détectée au Mexique fin 2024, après avoir longtemps été contenue à l’extrême sud du Panama. Une flambée au Panama avait déjà conduit à l’état d’urgence début 2023, avant une extension vers le Costa Rica puis le Nicaragua.

Selon les Centers for Disease Control and Prevention, plus de 171 700 animaux et 2 000 personnes avaient été touchés en Amérique centrale et au Mexique au 2 juin. Dix décès humains ont été recensés. Pour l’entomologiste Edward Burgess, la vitesse de reproduction de l’insecte et le rôle des animaux sauvages, notamment les cerfs, rendent sa progression difficile à freiner.

Le vieux remède des mouches stériles revient au premier plan

La réponse américaine repose sur une méthode ancienne, presque spectaculaire, et clairement éprouvée. Le USDA largue des mouches stériles dans le sud du Texas depuis février. L’agence en disperse désormais deux fois par semaine, soit 4 millions de mouches, et ajoute 4 millions supplémentaires sous forme de pupes.

Le principe est simple. Si une femelle s’accouple avec un mâle stérile, ses œufs n’éclosent pas. C’est cette stratégie qui avait permis l’éradication du parasite aux Etats-Unis. Brooke Rollins souligne aussi que la fermeture, depuis mai 2025, des points de passage frontaliers pour le bétail aurait retardé son arrivée d’un an.

Le climat et la faune sauvage compliquent la suite

Pour Lee Haines, de l’Université de Notre Dame, le réchauffement climatique favorise l’expansion de cette espèce tropicale. Des températures plus élevées élargissent son habitat, et les épisodes de froid qui la faisaient reculer deviennent plus rares et moins intenses.

Sur le terrain, les éleveurs redoutent maintenant une diffusion par la faune sauvage. C’est là que l’enjeu dépasse le cas d’un seul veau, parce qu’une fois le parasite installé dans des populations animales mobiles, le contrôle devient tout de suite plus compliqué.

Le Récap
  • En bref
  • Un cas isolé, mais un signal très surveillé
  • Pourquoi cette mouche inquiète autant les éleveurs
  • Une progression rapide depuis l’Amérique centrale
  • Le vieux remède des mouches stériles revient au premier plan
  • Le climat et la faune sauvage compliquent la suite
En savoir plus
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