Snake Plissken : le héros parfait selon John Carpenter

Héros volontairement anti-conventionnel, le personnage Snake Plissken incarné par Kurt Russell a marqué le cinéma avec son refus des idéaux et de l’autorité.

Snake Plissken
Image d'illustration. Snake Plissken — ADN

Tl;dr

  • Snake Plissken est un vétéran cynique et nihiliste qui ne fait confiance qu’à lui-même.
  • Le personnage traverse les films New York 1997 et Los Angeles 2013, sabote le système et reste fidèle à ses principes.
  • Ancien Bérét Vert et héros solitaire, Snake inspire par sa moralité impénétrable et son refus des conventions.

L’héritage d’un anti-héros hors norme

Difficile d’évoquer le cinéma de genre sans s’arrêter sur le personnage de Snake Plissken, ce protagoniste taciturne imaginé par John Carpenter pour New York 1997 (Escape from New York). Si son allure et sa voix grave rappellent inévitablement le célèbre « Man With No Name » incarné par Clint Eastwood, les différences ne tardent pas à poindre. Là où l’archétype eastwoodien conserve une once de morale, Snake Plissken, lui, laisse transparaître un nihilisme teinté d’influences punk rock. Sa vision du monde ? Désabusée, voire cynique. Peu lui importe le sort du président ou la tenue d’un sommet international : ce vétéran à l’œil unique n’a foi qu’en lui-même.

Kurt Russell et la naissance d’une icône

À l’écran, c’est l’acteur américain Kurt Russell qui prête ses traits à ce héros pas comme les autres. Un rôle dont il reste profondément fier, y voyant sans doute l’une de ses incarnations les plus marquantes. Il faut dire que la figure de Snake Plissken, à la fois dure, mémorable et volontairement caricaturale, a traversé les années. Le dénouement du premier volet donne le ton : Snake sabote délibérément une négociation politique, motivé uniquement par son rejet d’un système corrompu qui a fait de New York une prison à ciel ouvert. Le propos se radicalise encore dans la suite Los Angeles 2013 (Escape from L.A.), où le personnage finit par provoquer la chute du monde face à une société devenue insupportable.

L’art du focus selon John Carpenter

Pour John Carpenter, interrogé peu avant la sortie du second film, il ne fait aucun doute que le vrai héros est celui qui ne dévie jamais de sa trajectoire. Il expliquait alors : « Ce qui fait un héros, c’est cette concentration absolue sur un but unique […] Snake possède cela. Rien ne peut le corrompre ». On retrouve ici les ingrédients des grandes figures d’action modernes : un objectif inébranlable, mais aussi une absence totale d’attachement aux valeurs conventionnelles.

Voici quelques aspects essentiels qui structurent l’identité de Snake Plissken :

  • Cet ancien un ancien Bérét Vert (U.S. Army Special Forces) a tout perdu lors d’une mission désastreuse.
  • Désormais dépourvu d’illusions, il se contente de survivre en solitaire.
  • S’il accepte parfois des missions impossibles, c’est toujours sous contrainte — jamais par idéalisme.

L’écho amer auprès des spectateurs

Cette moralité impénétrable fait écho aux désillusions que tout un chacun peut ressentir face à un monde perçu comme injuste. Détestant l’autorité et imperméable aux tentations, Snake demeure fidèle à lui-même – quitte à susciter l’admiration ou l’incompréhension. En définitive, cette posture extrême a permis au cinéma de graver durablement dans nos mémoires le nom de Snake Plissken.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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