En bref
- Le premier SMS date de 1992
- Son usage reste massif, mais recule
- Le RCS prépare la suite
Le SMS n’a pas disparu, loin de là. En France, il représentait encore 200 milliards de messages sur la seule année 2016. Mais le contraste est net, ce volume recule pendant que Messenger ou WhatsApp prennent de plus en plus de place dans les usages quotidiens.
Un outil encore énorme, mais déjà bousculé
Ce recul n’a rien d’anecdotique. Il dit surtout une chose simple, le SMS, longtemps central sur mobile, n’est plus seul. Les messageries instantanées ont élargi le terrain avec des échanges plus riches, plus directs, souvent mieux intégrés aux smartphones.
Et c’est ce qui rend son anniversaire un peu particulier. À 25 ans, le texto garde une vraie présence, mais il n’a plus l’évidence d’autrefois.
Le premier message est parti d’un ordinateur
Retour au 3 décembre 1992. Ce jour-là, les ingénieurs de Sema Group, menés par le Britannique Neil Papworth, envoient le tout premier Short Message Service. Le message n’est même pas saisi sur un téléphone, faute de clavier convenable sur les appareils de l’époque.
Le texte, lui, est resté célèbre, « Joyeux Noël ». Neil Papworth l’adresse à Richard Jarvis, alors directeur de Vodafone, pendant une fête de Noël. À ce moment-là, les terminaux GSM savent recevoir des messages, pas en envoyer. Il faut donc passer par une interface sur ordinateur pour entrer le numéro et transmettre le texto. Les téléphones n’obtiendront cette capacité qu’un an plus tard.
Autre détail parlant, ce service n’est pas pensé au départ pour le grand public. Chez Vodafone, l’idée initiale vise d’abord une utilisation interne, entre dirigeants et salariés. Il faudra attendre sept ans avant que l’opérateur le propose à ses clients, puis que les autres suivent.
Le RCS veut reprendre la main
Aujourd’hui, c’est Google qui pousse le RCS, pour Rich Communication Service. En gros, l’idée est de dépasser le simple message texte. Le protocole peut aussi transporter de la vidéo, un message vocal et même des documents interactifs, comme des billets de train ou des réservations de restaurant avec carte Google Maps.
Le système a déjà été lancé par 47 opérateurs dans le monde. Mais il y a une limite très concrète, pour profiter pleinement du RCS, il faut que le destinataire ait lui aussi un smartphone compatible. Et ce service repose sur la 4G, là où le vieux SMS se contente du réseau GSM. C’est peu spectaculaire, mais c’est souvent ce genre de détail technique qui fait la différence dans l’adoption.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi le premier SMS a-t-il été envoyé depuis un ordinateur ?
Parce que les téléphones de 1992 n’avaient pas encore de clavier vraiment adapté à cet usage. Surtout, les premiers terminaux GSM pouvaient recevoir un message, mais pas en envoyer. L’ordinateur servait donc d’interface pour saisir le texte et choisir le numéro du destinataire.
Le SMS était-il prévu pour le grand public dès le départ ?
Non. Au début, l’idée était beaucoup plus limitée. Chez Vodafone, ce service devait surtout aider les responsables de l’entreprise à communiquer avec leurs équipes. Son usage commercial auprès des clients n’est venu que plusieurs années après.
Qu’est-ce que le RCS change par rapport au SMS ?
Le SMS transporte avant tout du texte, avec une logique très simple. Le RCS va plus loin, puisqu’il peut intégrer de l’audio, de la vidéo ou des contenus interactifs. Pour l’utilisateur, cela rapproche le message classique des applications de messagerie modernes.
Pourquoi le SMS reste-t-il encore utile ?
Parce qu’il fonctionne avec des contraintes techniques plus légères. Il s’appuie sur le réseau GSM, sans exiger un smartphone compatible ni une infrastructure plus récente. Cette simplicité explique pourquoi il reste très solide, même quand de nouveaux services arrivent.