En bref
- Perplexity fait travailler l’IA sur l’ordinateur et ne bascule vers le cloud qu’en cas de besoin, avec l’accord de l’utilisateur.
- Portable Computer peut manipuler des fichiers, exécuter du code et se connecter à des services comme Gmail, Slack ou GitHub.
- Le système exige une machine Nvidia avec au moins 24 Go de VRAM et cible surtout les utilisateurs avancés et les entreprises.
L’idée est séduisante. Une IA qui travaille d’abord sur votre machine, au lieu d’envoyer d’emblée vos questions, vos fichiers et vos documents sur des serveurs externes. Le problème, c’est que la nouvelle solution de Perplexity, appelée Portable Computer, vise pour l’instant un public équipé en matériel haut de gamme, pas monsieur et madame Tout-le-monde sur un laptop classique.
Une IA qui commence le boulot chez vous
Présenté en début de semaine, Portable Computer apporte la plateforme agentique Computer de Perplexity sur le Nvidia DGX Spark et sur d’autres machines Linux dotées de cartes graphiques Nvidia compatibles.
Le principe est simple sur le papier. Chaque tâche démarre en local. Si le modèle installé sur le PC bloque sur une étape qui demande un raisonnement plus avancé, le système demande l’autorisation avant d’envoyer uniquement cette étape vers un modèle cloud plus puissant. Ensuite, la réponse revient dans le flux local. Les fichiers et autres données sensibles peuvent, eux, rester sur l’appareil.
Plus qu’un chatbot téléchargé
On peut déjà faire tourner des modèles ouverts sur son ordinateur. Mais monter un vrai agent, capable de manipuler des fichiers, d’utiliser des outils et d’enchaîner plusieurs étapes, c’est une autre histoire.
Perplexity regroupe ici toute la pile dans un seul système, avec le modèle local, le moteur d’inférence, les connecteurs applicatifs, les outils agentiques et une sandbox isolée où l’IA peut exécuter du code et se servir de ses outils. Elle peut lire des PDF, fouiller dans des fichiers stockés sur l’ordinateur, lancer des commandes shell, prendre une dictée et chercher sur le web. Des services comme GitHub, Slack, Gmail et Google Drive peuvent aussi être reliés.
Le vrai twist, c’est le routage hybride
C’est sans doute la partie la plus intéressante. Un petit modèle local suffit pour trouver un fichier, extraire des informations d’un PDF ou gérer une suite d’actions assez directe. Il ne joue pas dans la même cour que les plus gros modèles de OpenAI, Anthropic ou Google dès que le raisonnement devient plus costaud.
Du coup, Perplexity laisse l’agent travailler en local tant qu’il le peut. La bascule vers le cloud n’arrive que si nécessaire, et toujours avec validation de l’utilisateur. Les tâches terminées localement ne consomment pas de crédits de facturation. Seule la partie envoyée en ligne compte dans l’usage cloud.
Au lancement, il sera possible de choisir un modèle Qwen de 27 milliards de paramètres ou la version post-entraînée maison de Perplexity, baptisée PPLX 27B. Nvidia Nemotron 3.5 Lightning doit suivre, et les utilisateurs pourront aussi apporter leur propre modèle et leur propre serveur d’inférence.
Le matériel refroidit vite l’enthousiasme
Mais il y a un gros filtre à l’entrée. Le logiciel démarre sur Linux et demande un matériel Nvidia avec au moins 24 Go de VRAM. Sont pris en charge le Nvidia DGX Spark ainsi que des ordinateurs compatibles sous DGX OS ou Ubuntu, en ARM comme en x64.
Le support de Windows est prévu pour septembre. Rien n’a été annoncé pour macOS. Et l’accès sera réservé aux abonnés Perplexity Pro, Max, Enterprise Pro et Enterprise Max. Bref, cette première version parle surtout aux développeurs, aux passionnés d’IA et aux entreprises déjà équipées de grosses machines Nvidia. Le concept, lui, mérite clairement qu’on le surveille.