En bref
- Meta collecte beaucoup de données sur Instagram, et aucun réglage ne permet de tout bloquer.
- Le Centre de comptes et les réglages du téléphone permettent toutefois de limiter les données utilisées pour la personnalisation.
- Meta AI et l’entraînement des modèles utilisent aussi certaines données, avec un droit d’opposition supplémentaire dans l’UE et au Royaume-Uni.
Il faut partir d’un constat simple. Sur Instagram, il n’existe pas de bouton magique pour empêcher totalement Meta d’utiliser vos données pour la publicité ou ses outils d’IA.
Le réseau continue d’apprendre à partir de ce que vous cherchez, regardez, aimez, suivez, publiez ou cliquez dans l’application. À cela s’ajoutent des signaux de localisation, des informations sur l’appareil et le réseau, des données envoyées par des entreprises, ainsi que ce qui circule entre comptes reliés. Même Meta AI peut s’appuyer sur l’activité de Facebook et Instagram pour ajuster ses recommandations. Bref, si vous voulez limiter la casse, il faut agir source par source.
Le réglage le plus utile se cache dans le Centre de comptes
Depuis juillet 2026, Meta déploie un contrôle plus large baptisé Activity from other businesses. Il remplace progressivement d’anciens réglages et sert à décider si les informations déjà envoyées par des commerçants, applis ou autres entreprises peuvent être utilisées pour personnaliser les pubs, le fil et les réponses de l’IA.
Dans Instagram, il faut passer par votre profil, puis le menu à trois lignes, avant d’ouvrir le Accounts Center. Selon le pays, l’option peut apparaître sous Activity from other businesses ou, pour certains comptes, sous Ad preferences, puis Ad settings et Activity information from ad partners. Choisissez l’option qui empêche l’usage de cette activité externe pour la personnalisation.
Mais il y a une limite, et elle compte. Ce réglage n’empêche ni les entreprises d’envoyer les données, ni Meta d’utiliser ce qui se passe dans Instagram même. Vos abonnements, vos clics sur les pubs, vos recherches, les Reels consultés, votre profil ou encore les listes clients importées par des annonceurs peuvent toujours peser.
iPhone, Android, contacts : les autres robinets à fermer
Sur iPhone, le chemin passe par Réglages, Confidentialité et sécurité, puis Suivi, pour couper l’autorisation d’Instagram. Chez Apple, cela bloque le suivi entre applis et sites d’autres sociétés à des fins publicitaires ou de partage avec des courtiers en données. Pas le suivi interne à l’appli.
Sur Android, il faut revoir les autorisations d’Instagram, en particulier la position, les contacts, les photos et vidéos, l’appareil photo ou le micro. Couper la localisation retire une source directe, mais Meta peut encore l’estimer via l’adresse IP, le réseau, l’appareil et l’activité du compte.
Un autre point passe souvent sous le radar, les contacts. Dans le Accounts Center, rubrique Your information and permissions puis Upload contacts, vous pouvez couper Connect contacts sur chaque appareil. Pour supprimer les contacts déjà envoyés, il faut utiliser Manage contacts sur Instagram.com. Meta indique que l’effacement peut prendre jusqu’à 90 jours.
Les discussions avec Meta AI alimentent aussi la personnalisation
Depuis le 16 décembre 2025 dans la plupart des régions, les échanges avec Meta AI servent aussi de signaux pour personnaliser contenus et pubs. En revanche, aucun réglage séparé ne permet de continuer à discuter avec l’IA tout en excluant ces conversations de cet usage.
Il existe quand même deux commandes de nettoyage dans les chats d’IA, /reset-ai et /reset-all-ais. Elles effacent la copie de conversation conservée par l’IA et le contexte mémorisé, mais elles ne valent ni refus de la pub, ni blocage de la collecte classique, ni opposition à l’entraînement des modèles.
Et c’est là que la nuance compte. L’entraînement des modèles est distinct de la personnalisation. Meta utilise les publications et commentaires publics des comptes adultes, ainsi que les interactions avec ses fonctions d’IA, pour améliorer ses modèles génératifs dans les régions où il s’appuie sur l’intérêt légitime. Dans l’UE et au Royaume-Uni, une opposition est possible via le Privacy Center de Meta. Ailleurs, non.