Perplexity accusé de violer la confidentialité de ses utilisateurs

Image d'illustration. PerplexityPerplexity / PR-ADN
Des données sensibles auraient été transmises à des tiers sans consentement, mettant en lumière les limites du respect de la vie privée.
Tl;dr
- Perplexity fait face à une plainte collective dans l’Utah, accusé de ne pas respecter la confidentialité de ses utilisateurs.
- Le mode Incognito serait contourné, avec des transcriptions de conversations partagées à des tiers comme Meta et Google sans consentement.
- L’affaire soulève des enjeux juridiques et éthiques sur la vie privée, tandis que Perplexity conteste les accusations et reste dans l’incertitude.
L’ombre d’un nouveau scandale sur la confidentialité des IA
Perplexity, réputé pour son assistant conversationnel boosté à l’intelligence artificielle, se retrouve de nouveau sous les projecteurs. Une plainte collective, récemment déposée par un utilisateur anonyme dans l’Utah, soulève des questions brûlantes sur le respect de la vie privée par l’entreprise. Selon ce plaignant, désigné « John Doe » dans le dossier, les engagements de discrétion affichés par Perplexity seraient loin d’être tenus.
L’illusion du mode Incognito remise en cause
Le cœur du litige porte sur une fonctionnalité pourtant censée protéger les utilisateurs : le fameux mode Incognito. Le recours en justice affirme que, malgré l’activation de cette option, des outils de suivi invisibles seraient installés sur les appareils dès l’arrivée sur la page d’accueil du site. Conséquence ? Des entreprises tierces comme Meta et Google auraient reçu, sans le moindre consentement explicite, des transcriptions intégrales de conversations menées avec l’IA, qu’il s’agisse de sujets quotidiens ou d’informations aussi délicates que des données fiscales ou médicales.
En appui à ces accusations, la plainte détaille plusieurs pratiques préoccupantes :
- Données personnelles sensibles transmises lors des recherches privées.
- Email et historique d’utilisation partagés lors de la création d’un compte gratuit.
- Perturbation potentielle via une publicité ultra-ciblée jugée « dérangeante ».
Une accusation aux répercussions multiples
L’affaire ne se limite pas au simple partage de données. D’après le dossier, ces fuites pourraient contrevenir à plusieurs législations sur la vie privée, notamment les lois californiennes dites « wiretapping ». De façon plus large, ce type de traitement expose selon les plaignants les utilisateurs à une personnalisation publicitaire « invasive », parfois vécue comme intrusive voire malsaine.
De son côté, Perplexity conteste ces allégations et indique ne pas avoir été officiellement notifiée de cette action en justice. Jesse Dwyer, responsable communication chez l’entreprise, assure ne pouvoir ni confirmer ni commenter la véracité des faits évoqués.
Malaise persistant autour des assistants IA
Cet épisode n’est pas isolé : il intervient alors que Perplexity fait déjà face à une ordonnance restrictive concernant son outil Comet AI, jugé trop intrusif par certains acteurs majeurs comme Amazon. Plus largement, cette succession d’affaires invite chacun à réfléchir sérieusement aux informations confiées aux chatbots, et rappelle qu’en matière d’IA générative, la frontière entre innovation et respect fondamental de la vie privée reste dangereusement poreuse.