Pau : la gestion Bayrou a-t-elle vraiment fait exploser la dette municipale ?

Depuis que François Bayrou occupe le fauteuil de maire à Pau, la question de l’évolution de la dette municipale suscite débats et interrogations. De nombreux observateurs s’interrogent : le montant de cette dette a-t-il réellement doublé sous sa gestion ?

Silhouette de françois bayrou
Image d'illustration. Silhouette de François Bayrou — ADN

Tl;dr

  • La dette de Pau a doublé sous Bayrou.
  • Les justifications d’investissements divisent majorité et opposition.
  • Comparaisons nationales nuancent la responsabilité de la mairie.

Un maire sous le feu des critiques

À l’approche d’une échéance politique cruciale, la gestion des finances publiques par François Bayrou, maire de Pau et Premier ministre en exercice, est plus que jamais scrutée. Tandis qu’il multiplie les appels à « rembourser la dette » sur la scène nationale, certains internautes ne manquent pas de relever une forme d’incohérence. Sur les réseaux sociaux, ils ironisent sur son autorité budgétaire, soulignant que la dette de sa ville natale a doublé depuis son arrivée à la mairie en avril 2014.

Pau : une trajectoire singulière parmi les villes françaises

Les chiffres semblent implacables : l’annuité de la dette par habitant est passée de 760 euros à 1.440 euros entre 2014 et 2023. Pour mettre ces données en perspective, rappelons que la moyenne nationale pour cette période évoluait bien moins vite : 939 euros par habitant en 2014 contre 953 euros neuf ans plus tard. Pourtant, Pau se situe toujours en dessous de la moyenne des villes françaises comparables, celles comptant entre 50.000 et 100.000 habitants.

Cependant, il serait excessif d’affirmer, comme certains le font, que « la dette avait été divisée par deux avant ». Les statistiques montrent plutôt une stabilité sur la décennie précédente. Ainsi, entre 2004 et 2014, l’endettement moyen par habitant était resté autour de 760 euros.

Opposition et majorité s’affrontent sur le terrain des investissements

La gestion municipale ne laisse personne indifférent au conseil municipal. Jérôme Marbot, conseiller d’opposition, n’a pas hésité à dénoncer sur France Inter ce qu’il qualifie « d’investissements d’image surdimensionnés ». Il cite notamment les halles rénovées à un coût jugé excessif ou encore le bureau du maire refait pour près de 40.000 euros – somme que l’équipe municipale justifie par un état avancé de délabrement.

La majorité défend quant à elle un bilan axé sur des équipements jugés structurants pour enrayer le déclin démographique et rattraper un supposé sous-investissement passé. Selon Jean-Louis Pérès, premier adjoint, « les finances sont tenues et les choix étaient nécessaires ». Néanmoins, même si les dépenses d’équipement ont progressé d’environ dix millions d’euros durant le mandat, elles restent loin d’avoir doublé – difficile donc d’attribuer toute l’augmentation de l’endettement à ces seules opérations.

Bilan contrasté pour François Bayrou avant une date clé

Alors que le vote de confiance du Parlement approche ce lundi 8 septembre, une question demeure : comment François Bayrou, mis au défi sur sa propre gestion locale tout en prônant la rigueur budgétaire nationale, saura-t-il convaincre ? Peut-être aura-t-il bientôt davantage le temps de se pencher en profondeur sur les comptes de sa ville…

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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