En bref
- Des cavités pourraient exister derrière les murs
- Un radar doit sonder la tombe
- Néfertiti reste une hypothèse prudente
Près d’un siècle après sa découverte, la tombe de Toutankhamon pourrait encore réserver une surprise. C’est ce qui relance l’intérêt autour de ce site majeur de l’Égypte ancienne, avec une idée simple et troublante à la fois, des pièces cachées seraient peut-être dissimulées derrière les parois déjà connues.
Un tombeau célèbre, mais peut-être incomplet
La chambre funéraire mise au jour par Howard Carter en 1922 fait partie des découvertes archéologiques les plus célèbres. Et pourtant, l’hypothèse défendue par l’archéologue britannique Nicholas Reeves suggère que ce tombeau n’a pas livré tout ce qu’il contient.
Le point de départ, c’est l’idée de chambres secrètes dissimulées derrière les murs actuels. Dit autrement, ce que l’on prend aujourd’hui pour des parois définitives pourrait masquer d’autres espaces.
Ce que voient les scans sur les parois
Nicholas Reeves s’appuie d’abord sur des relevés par scanner des reliefs visibles sur les murs. Selon lui, ces images laissent penser que certaines zones ont été rebouchées, comme si des ouvertures avaient été condamnées.
Il évoque aussi un détail architectural qui l’intrigue, le plafond de la tombe semblerait se prolonger plus loin que prévu. Pour lui, des lignes très droites, perpendiculaires au sol, dessinent une structure qui ne colle pas totalement avec un espace clos tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Bref, on n’est pas encore dans la preuve. Mais l’indice est assez net pour justifier une vérification technique.
Le radar doit trancher, au moins en partie
La prochaine étape passe par un radar conçu au Japon, capable de détecter d’éventuelles cavités. L’analyse doit avoir lieu le 4 novembre, une date choisie loin d’être anodine puisqu’elle correspond à celle où Howard Carter avait découvert la chambre funéraire.
L’enjeu est clair. Si le radar repère des vides derrière les murs, la théorie gagnera en solidité. S’il ne trouve rien, l’idée de passages ou de salles cachées prendra un coup sérieux.
Pourquoi le nom de Néfertiti surgit à nouveau
C’est là que le dossier devient plus sensible. D’après Nicholas Reeves, la sépulture de Néfertiti pourrait se trouver dans l’une de ces zones invisibles. Sa théorie renverse même l’image habituelle, la tombe de Toutankhamon n’aurait pas été agrandie autour du pharaon, ce serait au contraire la dépouille du jeune roi qui aurait été installée assez vite dans un espace lié à la reine.
L’archéologue reste prudent. Il juge la théorie très bonne, tout en rappelant que même les meilleures ne résistent pas toujours aux faits. Il estime quand même qu’il faut vérifier, justement parce que l’opération peut être menée sans dommage.
Un autre spécialiste, Marc Gabolde, de l’Université de Montpellier, considère lui aussi que l’existence de deux annexes supplémentaires n’a rien d’absurde si l’on compare cette tombe à celles de rois plus anciens de la XVIIIe dynastie. Mais il ajoute une réserve importante, ces cavités ont aussi pu être creusées puis abandonnées sans jamais servir.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi cette hypothèse attire autant l’attention ?
Parce qu’elle touche à un lieu déjà mythique. La tombe de Toutankhamon est l’un des sites les plus connus de l’archéologie, donc l’idée qu’elle cache encore des espaces inconnus change tout de suite l’ampleur de l’affaire.
Le radar peut-il prouver à lui seul qu’il s’agit de la tombe de Néfertiti ?
Non. Un radar peut signaler des vides ou des anomalies derrière une paroi, pas identifier directement une personne enterrée. Il peut donc renforcer une piste, pas conclure sur l’identité de ce qui se trouverait derrière les murs.
Pourquoi comparer cette tombe à celles d’autres rois ?
Cette comparaison sert à vérifier si l’architecture observée est normale ou non pour l’époque. Si d’autres tombes de la même dynastie comportent davantage d’annexes, l’idée de pièces supplémentaires devient plus crédible.
Qu’est-ce qui rend les spécialistes prudents ?
L’archéologie travaille souvent avec des indices partiels. Des lignes sur un scan ou une cavité détectée peuvent avoir plusieurs explications, y compris des travaux interrompus ou des aménagements jamais utilisés. C’est précisément pour cela que cette piste intéresse, mais qu’elle ne vaut pas encore confirmation.