Mort d’une mère à Minneapolis : la police migratoire ICE sous le feu des critiques

Image d'illustration. Minnepolis skyline vue panoramique coucher de soleilADN
La mort d’une mère à Minneapolis, impliquant l’agence fédérale de l’immigration américaine ICE, relance la controverse sur les méthodes et le rôle de cette institution, accusée de radicaliser le débat politique et social aux États-Unis.
Tl;dr
- Une mère abattue par ICE à Minneapolis, vive indignation.
- Politique migratoire de Trump : arrestations et budget triplés.
- Méthodes d’ICE jugées violentes, débats nationaux relancés.
Indignation après un drame à Minneapolis
L’atmosphère reste électrique à Minneapolis, où la mort de Renée Nicole Good, une mère de famille américaine de 37 ans, abattue par un agent d’ICE, a déclenché une vague d’émotion et de protestation.
Sur des vidéos captées par des témoins, on aperçoit des agents demander à une automobiliste de sortir de son véhicule ; la voiture redémarre, et malgré l’absence apparente de danger immédiat, un agent tire à plusieurs reprises. Le maire démocrate, Jacob Frey, visiblement bouleversé, a lancé : « Cassez-vous de Minneapolis ! », fustigeant l’intervention et dénonçant le récit fédéral.
L’ombre d’une nouvelle ère sous Trump
Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, l’agence fédérale a connu un bouleversement profond. Le chef de l’État a fait de la lutte contre l’immigration clandestine le pilier central de sa politique intérieure, faisant d’ICE ce que certains observateurs qualifient déjà de « police présidentielle ». D’après Romuald Sciora, politologue et directeur à l’IRIS, cette orientation traduit « le monde parallèle dans lequel se trouve actuellement l’Amérique », estimant qu’ICE est désormais instrumentalisée au service du pouvoir exécutif.
Les chiffres sont frappants : depuis l’été dernier, près de 10 000 nouveaux agents ont rejoint les rangs de l’agence — souvent peu expérimentés — tandis que le budget alloué aux armes et munitions a explosé pour atteindre 70 millions de dollars.
Méthodes décriées et climat anxiogène
Ce virage sécuritaire s’est accompagné d’un recours accru à des méthodes musclées. Selon les données officielles, plus de 328 000 personnes ont été arrêtées par ICE en moins d’un an ; un chiffre doublé par rapport à 2024. Outre cette politique du chiffre assumée par Washington, les images relayées sur les réseaux sociaux et dans les médias laissent apparaître des interventions parfois arbitraires : agents masqués en uniforme militaire procédant à des arrestations en pleine rue. Des incidents tragiques émaillent cette montée en puissance : il n’est pas rare que des individus meurent accidentellement en tentant d’échapper aux contrôles ou lors d’interventions violentes.
Voici quelques aspects qui suscitent les inquiétudes locales :
- Multiplication des décès liés aux interventions d’ICE.
- Mise en cause du manque d’entraînement des nouveaux agents.
- Tensions croissantes entre autorités locales et administration fédérale.
Divergences entre discours fédéral et contestation locale
Face aux accusations portées contre ses agents, l’administration Trump met en avant la « légitime défense » face au « terrorisme intérieur ».
Cette version officielle est fermement rejetée par les responsables locaux comme le gouverneur du Minnesota Tim Walz, qui dénonce une véritable « machine de propagande ». De leur côté, certains experts rappellent qu’à sa création en 2003 après le 11-Septembre, ICE devait aussi favoriser l’intégration légale des immigrés. Une mission désormais reléguée au second plan derrière une logique répressive qui divise profondément la société américaine.