Explosions à Caracas : survols, état d’exception… les éléments connus sur les détonations entendues

Photo de l'horizon nocturne de Caracas illuminé par des lumières urbaines, mettant en valeur l'architecture moderne sous un ciel sombre.ADN
Des détonations ont été perçues dans différents quartiers de Caracas, plongeant la population dans l’inquiétude. Les autorités évoquent des survols aériens et une situation d’exception, sans que les causes exactes de ces explosions soient encore précisées.
Tl;dr
- Explosions entendues à Caracas et dans ses environs.
- Tensions accrues entre les États-Unis et le Venezuela.
- État d’exception décrété par Nicolás Maduro.
Caracas secouée par des explosions en pleine nuit
Au cœur de la nuit, peu avant 2h du matin samedi 3 janvier, la capitale vénézuélienne s’est brutalement éveillée au son de puissantes explosions. Nombreux sont les habitants à avoir accouru aux fenêtres ou sur les terrasses, cherchant à comprendre l’origine de ces détonations qui se faisaient encore entendre plus d’une heure après.
Certaines secousses ont même fait vibrer les vitres sur plusieurs kilomètres, mais impossible, dans l’immédiat, d’identifier précisément leur provenance. Les témoignages recueillis évoquent surtout le sud et l’est de la ville, avec une insistance particulière sur Fuerte Tiuna, cette vaste enclave militaire qui domine la capitale.
Témoignages et scènes d’angoisse
Des habitants rapportent que l’agitation ne s’est pas limitée au centre-ville : à l’aéroport et au port de Caracas, des explosions ont également retenti. Même écho du côté de Higuerote, distante d’une centaine de kilomètres. Dans certains secteurs, des coupures de courant ont plongé plusieurs quartiers dans l’obscurité.
Parmi les voix recueillies par l’AFP, celle d’Emmanuel Parabavis, employé dans les relations publiques : « Depuis ici, on entend des explosions près de Fuerte Tiuna… on dirait une mitrailleuse, comme une défense contre les bombardiers ». D’autres, à l’image de Francis Peña, ont été tirés du sommeil par la panique : « On commence à préparer un sac avec les affaires essentielles… tout est prêt au cas où ».
L’escalade des tensions avec Washington
Ces événements interviennent dans un climat déjà très tendu entre le Venezuela et les États-Unis. Quelques jours plus tôt, le président américain Donald Trump avait affirmé que les jours du chef d’État vénézuélien étaient « comptés », tout en évoquant ouvertement la possibilité de frappes terrestres et en déployant une flottille militaire dans les Caraïbes. À peine quelques heures après ces déclarations, le Venezuela dénonçait une « très grave agression militaire » américaine et décrétait l’état d’exception. Le président Nicolás Maduro, appelant à la mobilisation générale, assurait que le système de défense nationale protégeait toujours l’intégrité territoriale du pays.
Pour clarifier cette montée des tensions, il convient de rappeler trois points-clés :
- L’administration Trump accuse depuis plusieurs mois Maduro d’être impliqué dans un réseau de narcotrafic ; accusation farouchement rejetée par ce dernier.
- Nicolás Maduro, quant à lui, soupçonne Washington de vouloir contrôler les réserves pétrolières vénézuéliennes.
- L’annonce récente par Trump de la destruction d’une zone utilisée par des bateaux liés au trafic renforce cette inquiétude côté vénézuélien.
Pays sous tension maximale
L’inquiétude reste donc palpable à Caracas, où chaque bruit sourd alimente désormais les peurs collectives. Entre démonstrations militaires et rivalités internationales affichées sans détour, la population retient son souffle face à une crise dont personne ne semble mesurer aujourd’hui toutes les conséquences possibles.