Mort de Maradona : au procès, l’hospitalisation à domicile accable

Deux experts entendus au procès sur la mort de Diego Maradona jugent son retour à domicile inadapté. Leurs témoignages alourdissent les soupçons de négligence.

Visage de Maradona serré dans une maison
Image d'illustration. Le procès examine les soins à domicile. — ADN

En bref

  • Deux experts contestent le retour à domicile
  • Maradona traversait un sevrage jugé préoccupant
  • Le procès vise sept soignants en Argentine

Pour les experts entendus mardi, Diego Maradona n’aurait pas dû poursuivre sa convalescence chez lui après son opération. Au 38e jour d’audience du procès en Argentine, un psychiatre et un interniste ont estimé que son état imposait une prise en charge en institution, sur fond de sevrage alcoolique. Sept professionnels de santé sont jugés dans ce dossier ouvert sur les circonstances de sa mort, le 25 novembre 2020, à 60 ans.

Deux témoignages qui resserrent le débat

Le psychiatre Jose Luis Covelli a expliqué que l’ex-footballeur ne pouvait pas quitter l’hôpital dans cet état. Selon lui, au-delà de la neurochirurgie, décrite comme sans complication, Maradona souffrait d’un syndrome confusionnel lié au sevrage alcoolique.

Il a détaillé plusieurs symptômes, l’excitation psychomotrice, l’impulsivité, l’irritabilité ou encore des tentatives de fugue. Et il a ajouté, dans une formule nette, « il n’était pas un patient en état de sortir de l’hôpital ».

Après lui, l’interniste Ramiro Larrea, spécialiste des pathologies complexes, a tenu la même ligne. D’après lui, Maradona n’était pas dans son état normal et traversait un épisode de sevrage qui le rendait difficile à gérer.

Une convalescence jugée mal adaptée

Les deux médecins convergent sur un point central. La solution adaptée aurait été un centre de réhabilitation, pas une hospitalisation à domicile.

Jose Luis Covelli a estimé qu’un tel suivi ne répondait pas aux exigences nécessaires pour observer l’évolution cognitive d’un patient dans un état confusionnel. Ramiro Larrea a, lui aussi, jugé qu’une admission dans un établissement spécialisé s’imposait.

Bon, ce n’est pas un détail technique. C’est précisément le cœur des accusations de négligence examinées par la justice.

La maison de Tigre au cœur des critiques

La convalescence avait été organisée dans une maison louée à Tigre, au nord de Buenos Aires. C’est là que Diego Maradona a été retrouvé mort dans la matinée du 25 novembre 2020, après une crise cardiorespiratoire associée à un œdème pulmonaire.

Ramiro Larrea a jugé que cette hospitalisation à domicile n’en était pas vraiment une, parlant plutôt d’un simple suivi à domicile. Depuis le début du procès, les audiences reviennent souvent sur l’inadéquation de cette maison, qu’il s’agisse de l’équipement médical ou des soins et examens qui auraient été nécessaires au vu des antécédents cardiaques et rénaux de l’ancien joueur.

Des experts ont aussi évoqué une agonie de plusieurs heures avant sa mort.

Un dossier alourdi par la commission médicale

Les deux médecins entendus mardi appartiennent à la commission médicale pluridisciplinaire mise en place par la justice en 2021. Elle réunit une vingtaine de spécialistes, dont ceux qui ont pratiqué l’autopsie.

Leurs interventions s’inscrivent dans une ligne déjà connue au procès. Les membres de cette commission figurent parmi les plus sévères sur la prise en charge des dernières semaines de vie de Maradona. Dans leur rapport, ils concluaient qu’il avait été « abandonné à son sort » et que des signes de danger de mort avaient été ignorés. En Argentine, où sa disparition a pris la dimension d’un drame national, la suite des audiences est attendue sur ce point précis.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Argentine Procès

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.