En bref
- Pour Mike Flanagan, Stephen King est avant tout un humaniste, et ses adaptations doivent préserver cette dimension.
- L’horreur fonctionne grâce à l’attachement aux personnages, car la peur n’a de poids que lorsqu’il y a quelque chose à perdre.
- Cette vision guidera son adaptation de Carrie, avec l’ambition de conserver le cœur de l’œuvre derrière l’horreur.
Ce que retient Mike Flanagan de l’œuvre de Stephen King tient en un mot, ou presque, l’humanité. Pour le showrunner de la nouvelle adaptation de Carrie pour Amazon Prime Video, une transposition réussie ne peut pas se contenter d’aligner les scènes choc. Il faut garder ce qui bat dessous.
Pour Mike Flanagan, la clé n’est pas juste la peur
Alors que les livres de Stephen King ont été adaptés un nombre incalculable de fois au cinéma comme à la télévision, toutes les versions ne marquent pas autant. Pour Mike Flanagan, la raison est assez simple, beaucoup se focalisent sur l’horreur et passent à côté du reste.
Il explique que Stephen King, au fond, est un humaniste optimiste, et que cette dimension passe avant tout le reste. Il le résume ainsi : « Au plus profond de lui, Stephen King est un humaniste optimiste, et c’est sa priorité avant l’horreur ». Puis il ajoute que l’horreur est bien là, qu’on peut s’y plonger, mais que l’essentiel est de conserver cet optimisme fondamental et cet amour très net des êtres humains. C’est là que se joue, selon lui, la vraie fidélité à King.
Une œuvre d’horreur, oui, mais profondément humaine
Bon, c’est aussi ce qui explique pourquoi ses romans restent en tête. Les clowns tueurs, les hôtels hantés, les chiens enragés, les voitures conscientes, les villes de vampires ou les animaux revenus d’entre les morts, tout ça fait partie du décor. Mais pas seulement.
Le vrai moteur, c’est la façon dont Stephen King construit ses personnages et nous pousse à nous attacher à eux. Si le lecteur ne tient pas à eux, la menace perd son poids. L’exemple est limpide avec le Losers’ Club, si leur sort ne comptait pas, Pennywise ne serait qu’un monstre de plus. Là, la peur fonctionne parce qu’il y a quelque chose à perdre.
Même dans les récits les plus sombres, King laisse souvent une lueur. Les fins ne sont pas toujours heureuses, loin de là, mais il reste presque toujours une forme d’espoir. Et ça change tout.
Pourquoi cela compte aussi pour Carrie ?
Cette lecture n’arrive pas de nulle part. Mike Flanagan a déjà adapté Gerald’s Game, Doctor Sleep et The Life of Chuck, avec un vrai sens du matériau d’origine. Il s’est aussi fait connaître avec des séries d’horreur très aimées sur Netflix.
Du coup, son arrivée sur Carrie, le tout premier roman de Stephen King, n’a rien d’anodin. Sa ligne est claire, une adaptation ne vaut pas grand-chose si elle ne garde que le vernis horrifique. Chez King, la peur compte, bien sûr. Mais sans cœur, elle sonne vite creux.