Malgré la flambée des prix à la pompe, l’exécutif écarte une baisse des taxes pour cause de budget serré

Image d'illustration. Gros plan d un pistolet de pompe à essence remplissant le réservoir d une voiture à une station serviceADN
Malgré la pression persistante face à la hausse des prix à la pompe, l’exécutif maintient sa position et écarte toute diminution des taxes sur le carburant, invoquant une situation budgétaire tendue et un manque de marges financières.
Tl;dr
- Pas de baisse des taxes sur carburants en France.
- L’Italie et le Japon adoptent des mesures de soutien.
- Objectif du gouvernement : maîtriser le déficit public.
L’Europe face à la flambée des prix de l’énergie
Les récentes attaques attribuées à l’Iran contre des installations énergétiques au Qatar ont ravivé les tensions sur le marché mondial, entraînant une envolée soudaine du prix du gaz et du pétrole. Tandis que la hausse se fait sentir à la pompe dans plusieurs pays, chacun cherche sa propre parade.
En Italie et au Japon, les gouvernements ont réagi sans attendre avec des mesures spécifiques pour protéger leurs consommateurs.
Des aides directes chez nos voisins
En réaction à la crise, l’Italie a opté dès le 18 mars pour un « décret carburants » exceptionnel. Pendant vingt jours, les taxes sur le gazole, l’essence et le GPL seront abaissées de 25 centimes par litre. Une décision saluée comme temporaire et d’urgence par le Conseil des ministres italien. De son côté, le gouvernement japonais a également déclenché un programme d’urgence : selon le porte-parole Minoru Kihara, Tokyo accorde désormais des subventions pour ramener les prix autour de 170 yens (soit environ 1 euro) par litre, bien en dessous du sommet historique atteint quelques jours plus tôt.
La France privilégie la rigueur budgétaire
Sur l’antenne de BFMTV, la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, qui chapeaute aussi le portefeuille de l’Énergie, s’est montrée catégorique : pas question pour Paris d’imiter ses partenaires internationaux. « Toutes les options sont sur la table », a-t-elle toutefois nuancé après une réunion autour du Premier ministre Sébastien Lecornu. Mais à court terme, aucune baisse des taxes n’est prévue sur les carburants.
Ce choix s’inscrit dans une logique assumée : il n’est plus possible de recourir au « quoi qu’il en coûte » – ce soutien massif appliqué durant la pandémie – alors que le déficit public doit être contenu à 5 % du PIB. La porte-parole met aussi en avant un engagement fort : « ne pas augmenter l’impôt des Français » dans le budget 2026.
Secteurs sous pression et débats internes
Certains secteurs tels que les transporteurs ou les pêcheurs traversent déjà d’importantes difficultés de trésorerie, reconnues par Maud Bregeon. Si elle entend leurs appels à l’aide, elle insiste néanmoins sur la nécessité d’une gestion responsable :
- Diminuer le déficit public
- Soutenir sans creuser davantage la dette nationale
- S’adapter à un contexte international changeant
Rien n’exclut que d’autres mesures soient examinées si la crise venait à durer ou s’intensifier. Pour l’heure, la priorité française reste donc la préservation des grands équilibres budgétaires, quitte à faire face aux critiques.