LUE suspend la validation de l’accord commercial avec Washington

Image d'illustration. Union européenne. ADN
L’Union européenne a décidé de suspendre le processus de ratification de son accord commercial avec les États-Unis, une décision prise en réaction à l’incertitude provoquée par la perspective d’un retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Tl;dr
- L’UE suspend la ratification de l’accord commercial avec les USA.
- Décision motivée par les menaces récentes de Donald Trump.
- Le gel fait consensus, malgré quelques voix discordantes.
L’Europe riposte face aux menaces américaines
Le climat s’est singulièrement tendu entre l’Union européenne et les États-Unis. Après une nouvelle salve de menaces émanant de Donald Trump, le Parlement européen a choisi la voie de la fermeté : le processus de ratification du dernier accord commercial transatlantique est désormais à l’arrêt. Cette décision, révélée mardi, illustre le raidissement progressif des positions européennes face aux velléités américaines.
Un accord jugé déséquilibré
La suspension s’explique également par la nature même du texte. Conclu à la hâte lors de l’été précédent, cet accord prévoyait des droits de douane s’élevant à 15 % sur les exportations européennes vers le marché américain, alors que celles provenant des entreprises américaines bénéficiaient d’une suppression pure et simple de ces taxes en Europe. Pour le chef du groupe PPE, Manfred Weber, refuser l’accès sans frais au marché européen constitue aujourd’hui un « outil très puissant ». Même son de cloche du côté du groupe centriste Renew, dont la présidente, Valérie Hayer, souligne le « levier extrêmement puissant » représenté par cette suspension.
Consensus politique… ou presque
Du côté des groupes politiques du Parlement européen, l’heure était à l’unité autour du gel des discussions. La présidente du groupe social-démocrate S & D, Iratxe Garcia Perez, confirmait un « accord majoritaire » pour stopper net toute avancée sur ce dossier sensible. Le soutien du PPE, principale formation de la chambre, n’a fait que renforcer cette dynamique.
Pourtant, quelques dissensions demeurent. Certains élus issus de l’extrême droite ont exprimé leur opposition à cette mesure. Selon le coprésident du groupe ECR, Nicola Procaccini, geler l’accord serait « une erreur ». À l’inverse, le groupe des Patriotes conduit par l’eurodéputé français Jordan Bardella, se prononce en faveur d’une « suspension » et privilégie désormais un rapport de force assumé avec les États-Unis sous la houlette de Donald Trump.
L’application stoppée jusqu’à nouvel ordre
En pratique, la suspension décidée au Parlement européen bloque toute ratification et retarde sine die l’entrée en vigueur de ce partenariat commercial transatlantique. Dans ce contexte marqué par une tension croissante entre Bruxelles et Washington, rares sont ceux qui osent prédire quand – ou si – cet accord pourra voir le jour.