En bref
- La France attend ses premiers avions en 2028
- Quatre appareils ont été commandés au total
- La production redémarre lentement à Calgary
La France ne recevra pas ses nouveaux Canadair avant 2028, alors que quatre appareils ont bien été commandés. Les deux premiers sont attendus en 2028-2029, les deux autres en 2032-2033. Pour un pays qui dispose d’une flotte vieillissante de 12 CL-415, le délai pèse déjà dans le débat public.
Quatre avions, mais pas avant plusieurs années
Le calendrier est désormais posé. En 2024, la France a commandé deux DHC-515 dans le cadre d’un achat européen. Deux autres ont ensuite été ajoutés en juin.
Le sujet a pris une tournure politique. L’exécutif a été accusé par des partis d’opposition d’avoir annulé une commande de deux avions en 2024 sur fond de restrictions budgétaires. Ce qui est établi, c’est que le total français atteint aujourd’hui quatre appareils.
De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait évoqué en juin des livraisons en avril puis en novembre 2028 pour les deux premiers avions, en insistant sur le respect du calendrier.
Une chaîne relancée après presque dix ans d’arrêt
Si l’attente est aussi longue, c’est d’abord parce que la production avait été stoppée. Le groupe Bombardier l’avait abandonnée en 2015. Il a fallu attendre 2024 pour que De Havilland, qui a racheté les droits de l’appareil, redémarre l’assemblage à Calgary.
Le futur avion, le DHC-515, reprend la logique du CL-415 avec une version modernisée. L’appareil peut embarquer plus de 6 000 litres d’eau en 12 secondes grâce à deux écopes placées sous le fuselage. Depuis des décennies, c’est un outil central contre les feux de forêt.
Une cadence encore limitée face à la demande
Le redémarrage a été rendu possible par une première commande de 22 avions passée en 2024 par l’UE avec plusieurs pays européens, dont la France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal et la Croatie.
Mais la demande a rapidement gonflé. Avec l’intensification des feux de forêt liée au réchauffement climatique, le carnet de commandes approche désormais les 40 appareils. En face, la capacité de production reste limitée à une dizaine d’avions par an.
Selon Jean-Philippe Côté, chez De Havilland, le premier appareil sorti de chaîne sera livré à la Grèce au début de 2028.
Le vrai nœud, ce sont les pièces et les fournisseurs
Dans l’usine, l’assemblage reste peu robotisé. Victor Ocadiz, directeur des opérations, souligne que les trous et les rivets visibles sur le fuselage sont réalisés manuellement. Ce détail dit quelque chose de la cadence.
Le principal défi, d’après Jean-Philippe Côté, a été de reconstruire toute la chaîne d’approvisionnement après presque dix ans d’interruption. L’entreprise a dû relancer la fabrication de plus de 50 000 pièces différentes et trouver de nouveaux fournisseurs, les anciens ayant parfois disparu.
De Havilland assure quand même pouvoir tenir le calendrier et augmenter sa cadence. La porte-parole du groupe n’a pas détaillé les mois exacts de livraison, mais a indiqué qu’ils restaient conformes aux prévisions.