En bref
- Le FFP2 filtre des particules, pas les gaz.
- La meilleure protection reste de rester chez soi.
- Nettoyage après incendie, uniquement à l’eau.
Le message est simple. Face aux fumées des incendies qui touchent la Gironde et les Landes, le masque FFP2 peut réduire une partie de l’exposition, mais il ne règle pas tout. Les autorités ont prévu la distribution de 2,5 millions de ces masques dans le sud-ouest.
Le FFP2, utile mais loin d’être suffisant
Le FFP2 protège des particules fines qui irritent les bronches. Encore faut-il qu’il soit bien ajusté sur le visage. Le médecin le rappelle en une phrase nette, « un masque mal mis ne sert à rien ».
Autre limite, sa durée d’efficacité reste courte, entre 4 et 8 heures. Une fois humidifié par la respiration, il filtre moins bien. Et surtout, le FFP2 ne bloque pas les gaz présents dans les fumées, comme le monoxyde d’azote ou certains aldéhydes, dont l’acroléine. Les autres masques, eux, n’apportent pas de protection utile. À défaut, couvrir nez et bouche avec un linge humide reste conseillé.
La consigne prioritaire, rester à l’abri
L’Anses insiste sur un point, le masque ne remplace pas la mise à l’abri ni les consignes officielles. La mesure la plus efficace consiste à rester confiné, avec portes, volets et fenêtres fermés.
Il faut aussi couper la VMC, fermer les trappes de tirage des cheminées et éviter toute source de pollution intérieure, cigarette, bougie ou encens. Les autorités demandent également de ne pas prendre la voiture, sauf en cas de consigne d’évacuation. Et quand le vent tourne et que l’air redevient meilleur, on peut alors aérer de nouveau le logement.
Sport, maladies respiratoires, enfants: les risques immédiats
Les fumées d’incendie provoquent à court terme des maux de gorge, des irritations des yeux et des problèmes ORL, avec des otites possibles chez les enfants. Elles peuvent aussi aggraver l’asthme ou une BPCO, au point de nécessiter une hospitalisation, et favoriser des infections.
Même logique pour l’activité physique. Faire du footing ou du sport dehors augmente la ventilation et expose davantage les bronches aux produits irritants. Pour les personnes déjà malades des bronches, le spécialiste appelle à ne pas interrompre leur traitement.
Le retour dans un logement demande aussi des précautions
Quand on revient dans un logement situé en zone évacuée, mieux vaut éviter tout contact direct avec les poussières, les suies et les cendres. Le nettoyage doit se faire avec des gants et uniquement à l’eau, avec serpillère ou lingettes humides.
Aspirateur, souffleur, nettoyage haute pression et balayage à sec sont déconseillés, parce qu’ils remettent les particules en circulation. Les femmes enceintes et les personnes vulnérables doivent porter un FFP2 pendant ce nettoyage. Il est aussi recommandé de laver et éplucher les fruits et légumes du jardin, d’éviter les œufs du poulailler et de laisser couler l’eau du robinet pendant deux minutes avant de la boire.