En bref
- Les légumes grimpent nettement sur un an
- Les fruits restent globalement plus stables
- Une loi veut faciliter l’accès alimentaire
Entre les fruits et les légumes, le millésime 2026 ne raconte pas la même histoire. D’un côté, les prix des fruits tiennent à peu près. De l’autre, les légumes accélèrent, avec une hausse assez nette pour peser sur le budget courses, surtout quand on essaie de manger équilibré tous les jours.
Familles rurales a réalisé 118 relevés de prix dans des grandes surfaces de 40 départements, en regardant un panier de neuf fruits et de dix légumes. L’association a comparé hypermarchés, supermarchés, discounters et magasins bio spécialisés.
Deux rayons, deux trajectoires
Sur un an, le prix moyen des légumes a augmenté de 10 % en conventionnel, à 3,27 euros le kilo. En bio, la hausse atteint 7 %, pour un prix moyen de 5,47 euros le kilo.
Côté fruits, la tendance est plus calme. Le panier conventionnel recule très légèrement, de 0,2 %, à 4,33 euros le kilo. En bio, la baisse est plus marquée, à 10 %, avec un prix moyen de 6,96 euros le kilo. Mais même en recul, ces tarifs restent élevés pour pas mal de ménages.
La météo a pesé sur les étals
Pour Familles rurales, le principal moteur de cette hausse tient aux aléas climatiques. Les productions ont été perturbées par une succession de fortes pluies, de périodes fraîches puis de chaleur.
Et le problème ne s’arrête pas aux frontières françaises. L’association souligne que l’Espagne et le Portugal, deux fournisseurs importants pour la France, ont eux aussi subi une météo défavorable. En gros, quand plusieurs bassins de production encaissent les mêmes chocs, les prix finissent par remonter presque partout en rayon.
Courgettes et tomates en première ligne
Le mouvement se voit très concrètement sur certains produits. Les courgettes ont bondi de 32 % en conventionnel, pour atteindre 2 euros le kilo.
Les tomates grappes, elles, ont augmenté de 31 %, à 2,91 euros le kilo. Ce sont des hausses qui parlent tout de suite au consommateur, parce qu’on est là sur des achats très courants.
Pour les fruits, le tableau est moins tendu. Malgré d’importantes variations météo en mai, les fruits à noyau ont bénéficié d’une production importante, ce qui a contribué à contenir certains prix.
Une tension qui dépasse la seule année 2026
Le point le plus important est peut-être là. Pour Familles rurales, l’accès aux fruits et légumes ne relève plus seulement de variations ponctuelles. L’association estime, données de l’Insee à l’appui, que leurs prix ont augmenté beaucoup plus vite que l’inflation générale sur dix ans.
Elle appelle donc les parlementaires à soutenir une proposition de loi portée par le député écologiste Boris Tavernier. Le texte vise à garantir l’accès à un panier de produits sains vendus à prix coûtant. Derrière les chiffres du mois, il y a cette question, plus large, de l’alimentation quotidienne et de ce qu’elle devient quand les produits frais sortent peu à peu du budget courant.