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Le Sénat vote à l’unanimité l’interdiction de vente du gaz hilarant aux mineurs

Société > Sénat
Par Jérôme Nelra,  publié le 13 décembre 2019 à 11h40.

Le protoxyde d'azote que l'on trouve aisément dans le commerce sous forme de siphons destinés à la cuisine, est détourné par certains jeunes pour ses effets euphorisants.

Mercredi 11 décembre en première lecture et à l’unanimité, le Sénat a voté la proposition de loi transpartisane visant à interdire la vente aux mineurs du protoxyde d’azote. Appelé également « gaz hilarant » ou « proto », il se présente sous forme de siphons utilisés pour produire de la crème chantilly. Détourné de son usage initial, le gaz est introduit dans un ballon de baudruche, puis inhalé. Fou rire et sensation d’ivresse sont alors provoqués.

Les dangers encourus

Au-delà de l’aspect récréatif prisé de nombreux jeunes, la sénatrice centriste du Nord Valérie Létard, auteure de la proposition de loi, rappelle qu’il est loin d’être sans danger. Elle évoque, en cas d’exposition régulière ou à trop forte dose, des conséquences telles que « atteinte de la moelle épinière, carence en vitamine B12, anémie, troubles psychiques ».

Les autorités sanitaires alertent quant à elles des effets immédiats comme des brûlures par le froid à l’expulsion du gaz, des pertes de connaissance ou l’asphyxie par manque d’oxygène.

Des cas « graves » en augmentation

Adrien Taquet, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, a salué « l’initiative de cette proposition, et nous souhaitons poursuivre le travail pour parfaire collectivement le dispositif proposé ». Il ajoute que depuis le début de cette année, « près d’une trentaine d’effets sanitaires » ont été recensés, « dont des cas graves avec de véritables séquelles ».

Le non-respect de l’interdiction est accompagné d’une peine d’amende de 3.750 euros, et les industriels seraient contraints de mentionner la dangerosité du produit sur l’emballage.

Seulement, Mme Létard remarque que ce texte n’atteint pas la cible des jeunes majeurs, « la partie la plus impactée en matière de santé ». À ce propos, M. Taquet a pris l’engagement de voir « comment faire en sorte d’élargir aux majeurs l’esprit de la proposition de loi ».

Le Récap
  • Les dangers encourus
  • Des cas « graves » en augmentation
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