Le Seigneur des Anneaux : la BBC avait donné une voix au monde de Tolkien

Image d'illustration. Le Seigneur des anneauxNew Line Cinema / PR-ADN
Avant les films, J.R.R. Tolkien a suivi l’adaptation radio BBC du Seigneur des anneaux. Avec des compliments, puis de vraies réserves.
En bref
- En 1955, la BBC adapte Le Seigneur des anneaux en radio avec une implication directe de J.R.R. Tolkien et un travail minutieux sur les scènes, les voix et la prononciation.
- J.R.R. Tolkien apprécie certains passages comme le Conseil d’Elrond et les elfes, mais critique vite le format radiophonique qu’il juge peu adapté à la dimension épique de son œuvre.
- Malgré ses réserves, l’adaptation est bien reçue par le public et reste considérée comme une réussite importante pour une première transposition de la saga.
Bien avant les films, Le Seigneur des Anneaux a connu une première adaptation qui a plutôt plu au public. Le twist, c’est que J.R.R. Tolkien, lui, n’a jamais été totalement convaincu par la forme choisie, même s’il s’est montré moins brutal qu’avec d’autres projets venus plus tard.
Avant le cinéma, la radio s’y est frottée
En 1955, l’année de publication du Seigneur des anneaux: Le Retour du roi, la BBC lance une adaptation radio de la trilogie en deux parties. J.R.R. Tolkien ne reste pas à distance. Avec son fils Christopher Tolkien, il échange avec le producteur Terence Tiller, qui prend le travail au sérieux et s’attache aux scènes clés, aux accents et à la prononciation des noms. Pour une œuvre aussi dense, ce n’était pas un détail.
Le premier bilan n’a rien d’un carnage. J.R.R. Tolkien apprécie la manière dont est traité le Conseil d’Elrond, une longue scène de dialogue qui colle bien à la radio. Il juge aussi que les elfes sont très bien rendus. Clairement, on est loin de la démolition en règle qu’il infligera en 1957 au scénario de Morton Grady Zimmerman.
Des compliments, puis une vraie gêne sur le format
Les réserves arrivent pourtant assez vite. J.R.R. Tolkien trouve Bilbo ennuyeux et relève une erreur sur Goldberry, présentée comme la fille de Tom Bombadil au lieu de son épouse.
Et plus la seconde partie avance, plus le malaise grandit. En novembre 1956, dans une lettre à Terence Tiller, l’écrivain dit qu’il va s’abstenir de critiquer les détails, avant de le faire quand même. Sa remarque la plus nette vise le médium lui-même. Il écrit, à propos de son roman, qu’il reste flatté par cette attention mais se demande « pourquoi cette forme ? ».
Pour lui, l’histoire relève davantage d’un registre épique que dramatique. Il estime que la radio met trop l’accent sur les dialogues, souvent coupés de leur décor, et que le résultat peut paraître plat pour ceux qui n’ont pas lu les livres. Il nuance quand même en reconnaissant son manque d’expérience dans ce domaine et en admettant que Terence Tiller a eu une tâche très difficile.
Le public, lui, a surtout retenu une réussite
Là où l’auteur se crispe, les auditeurs suivent. Les retours sont globalement positifs, avec un accueil meilleur pour la première partie que pour la seconde. Le ton plus léger est apprécié, tout comme les performances vocales.
Cette bonne image n’a pas disparu. Des années plus tard, des auditeurs continuent de défendre la version radio de la BBC, souvent pour sa fidélité d’ensemble et la qualité de son interprétation. En gros, J.R.R. Tolkien n’était pas sûr que son monde passe bien par la radio, mais cette première tentative a quand même laissé une vraie trace. Et pour une adaptation aussi précoce, ce n’est pas rien.