Le film live-action Snoopy qui n’a jamais vu le jour

Dans les années 1980, un réalisateur emblématique de l’époque a failli porter à l’écran une adaptation en prises de vues réelles des célèbres personnages de la franchise Peanuts, projet qui aurait pu bouleverser l’histoire du cinéma et de la bande dessinée.

Snoopy
Image d'illustration. Snoopy — ADN

Tl;dr

  • Warner Bros. Pictures avait prévu une adaptation live-action de Snoopy au début des années 1990, confiée à John Hughes.
  • John Hughes voulait respecter la délicatesse de Charles M. Schulz et agir « comme un éditeur », mais ses scénarios commençaient à réutiliser trop ses recettes habituelles.
  • Le projet a été abandonné après le succès mitigé de Denis la Malice, laissant place à un regret pour ce rendez-vous manqué avec Charlie Brown.

Un projet avorté chez Warner Bros. Pictures

L’histoire aurait pu être bien différente pour les fans du comic strip Peanuts plus connu par chez nous sous le nom de Snoopy. Au début des années 1990, le studio Warner Bros. Pictures envisageait sérieusement d’offrir une nouvelle vie à Charlie Brown et sa bande en version réelle. À la manœuvre, on retrouvait un poids lourd du cinéma comique américain : John Hughes, connu pour avoir signé des classiques tels que Breakfast Club ou encore Maman, j’ai raté l’avion !. Sa mission ? Adapter sur grand écran l’univers subtil et parfois mélancolique imaginé par Charles M. Schulz.

De la comédie adolescente à l’écriture réfléchie

Le virage s’opère en 1990 pour John Hughes. Après avoir marqué les années 1980 avec ses films cultes, il se recentre sur l’écriture. Le succès planétaire de Maman, j’ai raté l’avion !, sorti cette même année, marque paradoxalement le début d’une période plus convenue dans son œuvre : ses scénarios réutilisent à outrance les recettes de ce carton, jusqu’à la caricature. Ainsi, lorsque Hughes se voit confier la rédaction du script pour une adaptation live-action de Snoopy, il envisage de puiser dans des décennies d’histoires du strip originel. Selon Variety, il souhaitait agir « comme un éditeur », tamisant son style au service de la délicatesse propre à Charles M. Schulz.

L’ombre de Denis la Malice plane sur le projet

Or, tout bascule avec un autre film adapté d’un comic strip : Denis la Malice. Ce long-métrage écrit par John Hughes sort chez Warner Bros. Pictures moins d’un an après l’annonce du projet Snoopy. Malgré un succès commercial honnête, la critique s’avère cinglante et le film ne génère que deux suites sorties directement en vidéo – ce qui freine sans doute les ardeurs du studio concernant Charlie Brown et ses amis.

L’éternel regret d’une occasion manquée ?

Impossible aujourd’hui de ne pas imaginer ce qu’aurait donné une telle aventure cinématographique. Entre crainte d’un traitement trop exubérant façon années 1990 et espoir que John Hughes aurait su s’effacer derrière la poésie de Charles M. Schulz, le projet avorté laisse place aux suppositions. Comme Charlie Brown contemplant les nuages, on reste partagé entre regrets et rêveries sur ce rendez-vous manqué avec une icône culturelle intemporelle.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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